Vignes du domaine de Joy

Domaine de Joÿ

Région viticole

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Sud-Ouest

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Sommaire

De la ferme de 1925 à la quatrième génération

Un fils de pasteur venu du canton de Bâle

L’histoire du Domaine de Joÿ commence en Suisse. Paul Gessler, fils de pasteur, est originaire du canton de Bâle. Il ne peut ni louer ni acheter de ferme chez lui. Il arrive donc dans le Gers en 1922, à une époque où la France manque de bras. Il travaille d’abord comme métayer.

En 1925, il achète le domaine, à Panjas. L’exploitation couvre alors environ 21 hectares de terres peu travaillées, et Paul commence par semer du blé. Avec son épouse Marguerite, elle aussi de famille suisse, il mène une ferme de polyculture.

Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, Joÿ est le nom du lieu-dit où le couple s’installe. Paul y plante son premier hectare de vigne en 1928, du Noah, qu’il renforce en 1932. Six ans plus tard viennent ses premiers cépages destinés à l’armagnac, et la première distillation a lieu en 1942.

Du vin en vrac aux premières bouteilles

Leur fils André prend la suite avec son épouse Véronique. Il vend le vin en vrac, et parfois des céréales à la coopérative. Olivier Gessler, son fils, le décrit comme un précurseur des vins de qualité en Côtes de Gascogne.

Au début des années 1980, Olivier et son frère aîné Roland reprennent l’affaire. Ils lancent pour la première fois la mise en bouteille, agrandissent le chai pour vinifier sur place et bâtissent un réseau commercial. La famille abandonne peu à peu la polyculture pour consacrer une grande partie du domaine à la vigne, en particulier aux cépages blancs.

Vanessa, Kévin et Olivier aux commandes

Après une trentaine d’années en commun, les deux frères se séparent et Olivier rachète les parts de Roland. Il dirige aujourd’hui le domaine avec ses enfants, Vanessa et Kévin Gessler, la quatrième génération. Vanessa s’occupe du marketing et de la communication, Kévin de la vinification et du commercial.

L’équipe compte 20 collaborateurs, dont 14 permanents et une œnologue à plein temps. Le domaine reste récoltant. Il gère tout lui-même, de la plantation des vignes à la vente, mise en bouteille comprise. Il vend 1 million de bouteilles de vin par an et 15 000 à 20 000 bouteilles d’armagnac.

190 hectares en Bas-Armagnac, dont 10 en bio

Sables fauves et parcelles plein sud

Le domaine travaille 190 hectares de vignes sur la commune de Panjas, dans le Gers. Environ 10 % de cette surface est réservée à la distillation des armagnacs. Le terroir est typique du Bas-Armagnac : des sols argilo-siliceux et des sables fauves, de nature limono-siliceuse.

La plupart des parcelles sont exposées plein sud, ce qui favorise la maturation naturelle des raisins. Le climat océanique apporte la pluie, source de fraîcheur pour les vins. En fin de saison, l’influence des Pyrénées aide les raisins à mûrir.

Vignoble du domaine de Joy

Quatorze cépages, surtout blancs

Le vignoble réunit 14 cépages, et le blanc y occupe 90 % des surfaces. Les vins blancs reposent sur une dizaine de cépages gascons, menés par le Colombard, l’Ugni blanc et le Gros Manseng. Les vignes ont plus de 15 ans.

Les rouges et les rosés viennent du Merlot, du Cabernet Sauvignon et du Tannat. Pour l’armagnac, trois cépages sont mis à l’honneur : l’Ugni blanc, le Baco et la Folle blanche.

De l’agriculture raisonnée au bio

Le Domaine de Joÿ s’engage en agriculture raisonnée en 2005. En 2019, il obtient la certification Haute Valeur Environnementale de niveau 3. Elle porte sur la biodiversité, la stratégie phytosanitaire, la gestion de la fertilisation et la ressource en eau.

Sur les 190 hectares, 10 hectares sont cultivés en agriculture biologique. Ils relèvent de la SARL Joÿ Vignoble, engagée en bio le 1er mai 2020 sous le contrôle de Qualisud. L’Agence Bio classe aujourd’hui son raisin de cuve et ses vins en AB.

Côté bouteilles, c’est la gamme Naturellement Joÿ que le site du domaine présente comme « en conversion vers l’agriculture biologique ». Le label bio ne concerne donc que cette partie du vignoble, alors que l’ensemble du domaine est certifié HVE.

Côtes de Gascogne, Floc et Bas-Armagnac

Trois appellations sur un même domaine

Le domaine produit sous trois appellations : l’IGP Côtes de Gascogne pour ses vins, l’AOP Floc de Gascogne et l’AOC Armagnac, en Bas-Armagnac. La gamme compte 15 cuvées de vin, 2 pétillants et 40 millésimes de Bas-Armagnac.

Le Floc de Gascogne est un apéritif gascon. Il assemble de l’eau-de-vie d’armagnac et du jus de raisin. Celui de Joÿ est un Floc blanc, élaboré à partir de Colombard, de Gros Manseng et d’Ugni blanc.

Le Bas-Armagnac, la zone la plus à l’ouest

Le Bas-Armagnac est l’une des trois zones de production de l’armagnac. Situé à l’extrémité ouest de la Gascogne, il se distingue par un climat océanique tempéré et doux, et des sols argilo-siliceux. Ses eaux-de-vie ont la réputation d’être légères, délicates et fruitées.

L’INAO décrit les sables fauves comme des sols sablo-limoneux, parfois argileux, sur un relief peu marqué. On les trouve surtout en Bas-Armagnac, et ils se raréfient vers l’est. C’est sur ce type de sol que s’étend le vignoble de Joÿ.

Un alambic chauffé au bois jour et nuit

Les armagnacs sont distillés sur le domaine, dans un alambic traditionnel. Lors de la distillation 2019, l’alambic s’est installé quelques jours sur le vignoble. Jour et nuit, les distillateurs ont alimenté au bois le foyer de la chaudière.

À la sortie de l’alambic, l’eau-de-vie est incolore. Elle vieillit ensuite plusieurs années dans des fûts de chêne de la région. Le domaine cherche des armagnacs souples et élégants.

Des gammes pour chaque moment de la table

Du chai à la bouteille

La vendange a lieu de septembre à mi-octobre. Au chai, les étapes s’enchaînent : macération pelliculaire, pressurage pneumatique, fermentation à basse température, élevage sur lies fines. Viennent ensuite l’assemblage des cépages, la conservation en cuve et la filtration.

Les Incontournables se veulent « à l’image de la Gascogne : frais, fruités et gourmands ». L’Éclat, blanc sec de Colombard, d’Ugni blanc, de Gros Manseng et de Sauvignon, joue sur les agrumes et les fruits exotiques. Il a reçu une médaille d’argent et 90 points aux Decanter World Wine Awards 2025.

Dans la même gamme, Ode à la Joie est un blanc demi-sec de Petit Manseng et de Colombard, sur l’abricot mûr. Saint-André, moelleux léger de Gros Manseng, a décroché l’or au Concours Général Agricole 2020, comme L’Éclat. Le rosé Eros et le rouge L’Insolent complètent la gamme.

Les blancs élevés en barriques

Les meilleures parcelles donnent une gamme de blancs boisés. L’Envie, Colombard et Gros Manseng, a obtenu l’or au Concours Général Agricole 2019, la même année que l’argent du rosé Eros.

Joÿ Attitude, sous-titrée Terroirs d’Argile, assemble Petit Manseng et Colombard, élevés 12 mois en barriques. Joÿ Inédit, Parcelle du Catalan, est un demi-sec de Gros Manseng légèrement boisé. Des chefs et des sommeliers l’ont noté 4,2 sur 5 lors d’un test Gourmets de France.

Naturellement Joÿ, La Vie en Joÿ et les bulles

La gamme Naturellement Joÿ compte trois vins. Le blanc sec marie Colombard et Gros Manseng, le moelleux est un Gros Manseng, le rouge assemble Merlot et Cabernet Sauvignon. La Vie en Joÿ propose un blanc de Sauvignon et de Gros Manseng, et un rouge légèrement boisé de Merlot et de Cabernet Sauvignon. Pour cette gamme, le domaine s’est associé à un artiste, qui lui a créé un univers décalé.

Parmi les cuvées historiques figurent un moelleux de Petit Manseng, aux notes de miel et de coing, et le Floc de Gascogne. Les bulles du Brut de Joÿ existent en blanc, de Sauvignon, et en rosé. Le domaine conditionne aussi plusieurs vins en Bag in Box de 3, 5 et 10 litres.

Des armagnacs de 2 à 30 ans

Côté eaux-de-vie, la gamme va de la Blanche d’Armagnac, d’Ugni blanc, au Bas-Armagnac du Centenaire, vieilli 30 ans en fût de chêne. Entre les deux se glissent un Bas-Armagnac 2 ans, un XO 10 ans et un Hors d’Âge 15 ans. Ce dernier a reçu l’or au Concours Général Agricole 2020.

À un moment donné, 10 ans, est un armagnac de 100 % Folle blanche. Le XO Premium 25 ans, lui, vient du seul Baco. Le domaine propose enfin des millésimes de plus de 15 ans d’âge, de 1960 à 2006.

Visiter Joÿ, du chai aux vendanges

Un bâtiment neuf pour l’armagnac et les groupes

Pour se diversifier, le domaine a investi 600 000 euros dans un bâtiment neuf de 800 m². Il sert au stockage et à la distillation de l’armagnac, et abrite une salle de réception. Le site du domaine annonce un espace de 150 m², pour jusqu’à 100 personnes assises.

Le parcours de visite passe par les chais, l’espace de vinification et la cave à armagnac. Il traverse aussi les 40 cuves en fibre de verre et la chaîne d’embouteillage, avant la dégustation. Une boutique sur place réunit les vins, les armagnacs et des produits du terroir gascon.

Dans la peau d’un vigneron

Avec la formule Vini Évasion, les particuliers participent aux travaux de saison aux côtés de l’équipe. Selon le moment, ils taillent la vigne, vendangent, suivent l’élevage des vins ou la distillation de l’armagnac. Les plus jeunes ont droit à des activités sensorielles et à la personnalisation de bouteilles et d’étiquettes.

Pour les entreprises, Viti Expérience propose séminaires et journées de cohésion sur mesure. Au programme : jeu de piste entre vignes et chais, balade commentée ou yoga dans le vignoble. S’y ajoutent un cours d’œnologie avec l’œnologue du domaine et un pique-nique gascon.

Kévin Gessler résume le chemin parcouru : « En près de 100 ans, notre famille a transformé une ferme agricole en un vignoble emblématique de la Gascogne. »

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Château les Miaudoux

    Le Château les Miaudoux cultive la vigne à Saussignac, en Dordogne, où Gérard et Nathalie Cuisset se sont installés en 1987. Converti en bio en 2003, le domaine est passé en biodynamie certifiée Demeter à l’arrivée de leur fils Samuel et de son épouse Lisa, en 2014. Il produit du bergerac blanc, rouge et rosé, et des liquoreux de Saussignac issus de ses plus vieilles vignes, dont une cuvée sans sulfite ajouté. Brebis, cheval et pruneaux d’Agen complètent une ferme qui préfère l’observation du sol au dogme.

  • Château Lafitte

    Le Château Lafitte cultive 5 hectares de petit manseng et de gros manseng à Monein, dans le vignoble du Jurançon, en biodynamie certifiée Demeter. Depuis 2012, Antoine Arraou y vinifie des vins naturels, sans aucun produit œnologique ni sulfites ajoutés, élevés en jarre de grès, en amphore ou en solera. Son chai de 2018, enterré et équipé de panneaux solaires, fait circuler les vins par gravité. Le Sec 2013 du domaine a reçu trois étoiles et un coup de cœur au Guide Hachette 2016.

  • Château Barouillet

    Le Château Barouillet appartient à la famille Alexis depuis huit générations, à Pomport, au milieu de l’aire du Monbazillac. Revenu en 2010, Vincent Alexis a quitté le vrac, converti le vignoble en bio puis obtenu la certification Demeter en 2021. Ses 40 hectares, répartis entre Pomport, Mescoules et Lembras, portent plus de vingt-cinq cépages en Bergerac et en Pécharmant. Levures indigènes, amphores et soufre minimal donnent des blancs macérés, des rouges souvent sans sulfites et un liquoreux déclassé en Vin de France.

  • Château Feely

    Le Château Feely cultive 7 hectares de vignes à Saussignac, en Dordogne, repris en 2005 par Caro et Sean Feely. Engagé en bio auprès d’Ecocert en 2007, le vignoble suit aussi des pratiques biodynamiques et n’utilise en moyenne que 1,5 kg de cuivre par hectare. La plupart des vins sortent en Vin de France sous des noms en « ité », dont le Silex, né d’un sémillon planté en 1945. Les rouges sont des vins naturels depuis 2014, et un parcours biodynamique balisé fait découvrir les vignes.

  • Château de Mayragues

    Le Château de Mayragues cultive 12 hectares de vigne en biodynamie depuis 1999 dans l’appellation Gaillac, près de la forêt de la Grésigne. Premier domaine du Gaillacois labellisé en biodynamie, il porte aujourd’hui le label Demeter. Ses vins reposent sur les cépages locaux, duras et braucol en rouge, mauzac et loin de l’œil en blanc, du sec jusqu’au vin de voile. La famille Geddes restaure depuis 1980 cette maison forte du XIIe siècle, inscrite aux Monuments historiques.

  • Domaine des Rouillats

    Le Domaine des Rouillats cultive environ 3 hectares à Saint-Antoine-de-Breuilh, dans l’aire du Montravel, en Dordogne. Danièle et Benoît Coq ont repris ce domaine familial en 2008, certifié bio par Ecocert depuis 2010 et labellisé Demeter depuis le millésime 2025. Plantées à 7 000 pieds par hectare parmi des arbres fruitiers, leurs vignes mêlent merlot, chenin et abouriou, un vieux cépage local qui a failli disparaître. Le rouge Élévation porte l’AOC Montravel, et les autres cuvées sortent en IGP Périgord ou en vin de France.

  • Domaine de Sarros

    Le Domaine de Sarros cultive 2,12 hectares à Gelos, aux portes de Pau, dans le vignoble le plus oriental du Jurançon. Sans vigne depuis la Seconde Guerre mondiale, cette propriété du XIXe siècle a été replantée en 2005 et conduite en bio depuis. Jean-Luc Ducasse et Hugues Chapal, deux amateurs venus des clubs de dégustation, la dirigent depuis 2017. Leurs Jurançon secs et moelleux, surtout de petit manseng, s’élèvent 10 à 14 mois en fûts de chêne français.

  • Domaine de Beyssac

    Le Domaine de Beyssac cultive 20 hectares d’un seul tenant sur un coteau plein sud de Marmande, en AOP Côtes du Marmandais. Créé en 2009 sur une terre familiale, il est conduit en bio depuis l’origine et en biodynamie Demeter depuis 2016. Le cépage local, l’abouriou, y signe l’Essentiel, élevé en fût, et Le Monde d’Après, vinifié seul. Pauline Broutet, arrivée en 2017, a repris le domaine fondé par ses parents, Véronique et Frédéric.

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