Domaine des Maisons Brûlées - Arc-en-ciel au-dessus des vignes taillées en hiver à Pouillé

Domaine des Maisons Brûlées

Région viticole

Région viticole

Vallée de la Loire

Bio

De Michel Augé à Corinne et Paul Gillet

Une reprise proposée par le vigneron en place

Le Domaine des Maisons Brûlées cultive ses vignes en bio à Pouillé, dans le Loir-et-Cher, sur la rive sud du Cher. Corinne et Paul Gillet veillent sur le domaine depuis 2013. Ils ont pris la suite de la famille Augé.

Tout part d’une saison de travail. En 2012, Paul Gillet est employé par Michel Augé, après une formation d’un an au métier de vigneron à Amboise. Michel Augé veut alors se retirer. C’est lui qui propose au couple de reprendre son domaine.

Le premier millésime des Gillet est donc 2013. Dès cette première vendange, ils s’en tiennent à leur idée : récolter les raisins à maturité, quitte à attendre. Ce choix de la date de récolte est resté au centre de leur travail.

Une épicerie fine à Mulhouse, des restaurants à Buenos Aires

Avant la vigne, il y a eu les métiers de bouche. Corinne et Paul Gillet ont tenu une épicerie fine à Mulhouse, leur ville d’origine. De 2007 à 2011, ils ont été restaurateurs en Argentine, à Buenos Aires.

Paul Gillet a aussi fait un stage chez le vigneron alsacien Bruno Schueller. Il a rapporté d’Alsace une habitude qu’il applique en Loire : laisser macérer les raisins blancs avant de les presser.

Le nom du lieu a gardé la première place. Les étiquettes portent la mention « Mis en bouteille aux Maisons Brûlées par Corinne et Paul Gillet », et le domaine se présente comme Les Maisons Brûlées.

Huit hectares sur la rive sud du Cher

Un bloc autour de la maison, trois parcelles sur le plateau

Le cœur du domaine forme un bloc de 9 hectares d’un seul tenant autour de la maison, dont 6 hectares de vignes. Il s’étage en coteaux sur la rive de Pouillé, qui fait face à Thésée de l’autre côté du Cher. Le couple le décrit comme son havre.

Trois parcelles s’y ajoutent sur les plateaux du Cher, pour 2 hectares. Le vignoble compte ainsi 8 hectares de vigne. Ses rangs touchent ceux de l’ancien Clos Roche Blanche.

Corinne et Paul Gillet vinifient exclusivement leurs propres raisins. Ce sont ceux dont ils prennent soin eux-mêmes, de la taille à la vendange.

Argile à silex et vignes tournées vers le nord

La plupart des vignes poussent sur des sols d’argile à silex, posés sur un sous-sol de roche argileuse. Elles sont exposées en majorité au nord. Le domaine tient le Herdeleau pour son plus beau coteau : on y trouve les pinots noirs et une vieille parcelle de sauvignon.

Les parcelles ont pour la plupart entre 30 et 50 ans. Quelques-unes sont plus jeunes, d’autres tournent autour de 70 ans. Une parcelle porte le nom du domaine, les Maisons Brûlées : elle abrite des gamays de 60 ans et des pineaux d’Aunis de 50 ans.

Neuf cépages, du menu pineau au côt

Neuf cépages se partagent ces 8 hectares. En blanc, le sauvignon, le menu pineau, aussi appelé orbois, et le chardonnay. En rouge, le gamay, le pinot noir, le pineau d’Aunis, le côt, le cabernet franc et le cabernet sauvignon.

Les cépages se mêlent souvent dans une même cuvée. Le menu pineau rejoint le sauvignon dans Poussière de Lune, le pineau d’Aunis le gamay et le pinot noir dans R2L’O. Le côt et le cabernet franc se retrouvent dans Erèbe.

Bio depuis 1996, et des sols jamais nus

Le domaine est certifié en agriculture biologique par Ecocert, avec un premier engagement en 1996, du temps de la famille Augé. Il est conduit en bio et selon des pratiques biodynamiques depuis plus de trente ans.

Le travail du sol cherche à tenir en respect l’herbe qui pousse naturellement, sans jamais laisser la terre à nu. Le couple garde ainsi une flore variée, qui héberge à son tour toute une petite faune. En 2018, la vigne se travaillait à la main, et un cheval, Dancer, apprenait à travailler les sols.

Domaine des Maisons Brûlées - Rangs de vigne enherbés au printemps, bois en lisière
Rangs enherbés au printemps, aux Maisons Brûlées.

Vendange entière, bois et Vin de France

Pouillé dans l’aire du Touraine, des vins en Vin de France

Pouillé fait partie de l’aire de l’AOC Touraine, et même de celle de sa dénomination Chenonceaux. Toutes les cuvées présentées par le domaine sortent pourtant en Vin de France.

Les vins n’en restent pas moins attachés à leurs parcelles. Le domaine décrit plusieurs cuvées par le coteau et l’âge des vignes d’où elles viennent, et R2L’O tire son nom du Herdeleau.

La date de récolte, premier geste de cave

Pour Corinne et Paul Gillet, la clef de la vinification tient au choix de la date de récolte, fixé au plus juste selon la cuvée visée. Pour le Silène, le sauvignon est cueilli mûr, pour fuir les arômes de bourgeon de cassis ou de buis.

Domaine des Maisons Brûlées - Vendange à la main entre les rangs aux feuilles dorées
Vendange à la main, sous les feuilles d’automne.

Pour Poussière de Lune, le sauvignon part en légère surmaturité, et le menu pineau sur sa fraîcheur, pour donner le squelette du vin. Le domaine cherche avant tout à garder de la fraîcheur, un équilibre qu’il juge de plus en plus difficile avec des millésimes de plus en plus solaires.

Un pressoir vertical, du bois et une mise à la main

Les raisins sont traités en vendange entière, en presse directe ou après macération. Ils passent dans un pressoir vertical Coquard de 2 000 kg, en presses lentes et de faible intensité. Le couple dit aborder les jus sans a priori scientifique.

Sauf les pétillants naturels, tous les vins passent par le bois : foudre, demi-muids et barriques. Aucun produit œnologique n’entre en cave. Les vins ne sont ni filtrés ni collés, et le domaine ne contrôle pas les températures.

La mise en bouteille se fait artisanalement, par gravité et à la main, sans sulfites ajoutés. Le domaine le dit sans détour : dans de rares cas, des fermentations difficiles l’ont conduit à sulfiter un vin pendant la vinification.

Une douzaine de cuvées, des bulles de soif à l’Erèbe

Le domaine élabore environ 12 cuvées par an : 3 à 4 pétillants naturels, 3 à 4 blancs et 3 à 5 rouges. Certaines ne sortent pas tous les ans, quand le millésime ne s’y prête pas.

Quatre vins de bulles, quatre cépages

Les Maisons Bullées blanc est souvent un pur sauvignon, parfois relevé d’un peu de chardonnay. Le domaine le veut frais et léger, sur la fleur blanche et quelques amers : un « pet de soif » aux bulles fines. Son cousin rosé, 100 % gamay, ne sort que si l’équilibre des gamays s’y prête.

Altérité est un pétillant naturel de cabernet sauvignon, de teinte légère, souvent sur la fraise fraîche. Uccello, pur chardonnay, reste au moins 18 mois sur lies avant le dégorgement, à la recherche de finesse. Il n’existe pas tous les millésimes.

Des sauvignons pressés, macérés ou oxydatifs

Silène assemble plusieurs parcelles de sauvignon, entre plateaux et coteaux, pressées très lentement après une éventuelle macération sur peaux. Il s’élève environ un an en foudre ou en barrique. Poussière de Lune réunit deux parcelles du Herdeleau : un sauvignon de 70 ans et un menu pineau de 40 ans, à peu près 60 % et 40 %.

Ça me… est un sauvignon macéré environ trois semaines, issu d’une parcelle que le domaine surnomme Sam, puis élevé un an sous bois. Il vise une charpente un peu tannique, posée sur des amers. Humide Gaîté tient en une seule barrique de sauvignon, en élevage long et oxydatif, et ne revient pas chaque année.

Des rouges en grappes entières

R2L’O est le plus gros volume du domaine en rouge, et son nom vient du Herdeleau. Les pinots noirs de ce coteau sont vendangés avec les vieux gamays et les pineaux d’Aunis des Maisons Brûlées. Le vin macère 2 à 3 semaines en grappes entières, puis s’élève 10 à 15 mois en demi-muids et barriques.

Dernier Né est la cuvée de printemps du domaine, qui sort souvent à l’automne. Gamay et gamay teinturier, parfois rejoints par du pineau d’Aunis, y macèrent 10 à 15 jours en grappes entières, avant un élevage partagé entre cuve et bois.

Erèbe réunit les cépages les plus rustiques et tanniques, le côt et le cabernet franc. Vendangés le même jour, ils macèrent ensemble une quinzaine de jours, puis passent 18 à 24 mois sous bois. C’est un rouge tannique qui garde son fruit, et qui gagne souvent à passer en carafe avant le service.

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Les autres domaines de la région Vallée de la Loire

  • Domaine Nebout

    Le Domaine Nebout cultive 27 hectares en bio à Saint-Pourçain-sur-Sioule, dans l’Allier, où la famille travaille la vigne depuis cinq générations. À sa tête depuis 2006, Julien Nebout défend le tressallier, qu’il vinifie aussi seul dans sa cuvée L’Incompris. Avec deux autres domaines, la famille a rendu à la vigne la Côte MontGeorge, un coteau en forte pente replanté en novembre 2020. Son chai à murs bois-paille a été livré en novembre 2025, et le Blanc Tradition 2024 décroche un coup de cœur au Guide Hachette 2027.

  • Domaine Allias

    Le Domaine Allias cultive 14 hectares de vignes en appellation Vouvray, sur les hauts de la vallée Coquette. Installée au Petit Mont en 1922, la famille a mis soixante ans à creuser ses caves dans la roche. Daniel et Dominique Allias, père et fils, ont engagé la conversion en 2000 et sont certifiés bio depuis 2003. Vendangé à la main, leur chenin donne des secs, des demi-secs, des moelleux comme la cuvée Balzac, et des fines bulles.

  • Bernard Fleuriet et Fils

    Le domaine Bernard Fleuriet et Fils cultive 30 hectares en Sancerre et 5 hectares en Menetou-Salon, depuis sa ferme de La Vauvise à Menetou-Râtel. Tournée vers l’agriculture et l’élevage, l’exploitation s’est ouverte à la vigne en 1991, et Benoît et Mathieu Fleuriet ont pris la suite de leurs parents. Labellisés bio depuis 2016, les vins sont certifiés en biodynamie par Demeter. Une cave sur trois niveaux, inertée à l’azote, vinifie sans sulfite jusqu’au premier soutirage, dans le béton, le bois et les amphores.

  • Sagesse des Sols

    Sagesse des Sols est le domaine de Catherine et Frédéric Roger à Martigné-Briand, en Anjou, sur des schistes gréseux qui dominent le Layon. Fondé en 1988 sous le nom de Domaine la Croix de Galerne, le vignoble familial a pris son nom actuel en 2020, année de son engagement en bio. Grolleau, chenin, pineau d’Aunis et cabernets y donnent douze vins en anjou, anjou villages, rosé de Loire, coteaux-du-layon et saumur. Son Préambule 2018, des fines bulles de Saumur, a reçu une étoile au Guide Hachette 2022.

  • Angélique Léon

    Angélique Léon a repris en 2002 la ferme de ses parents, passée de la polyculture à la vigne dans les années 1980, à l’ouest de l’AOC Chinon. Son cabernet franc pousse sur les sables et graviers du Véron et sur le Clos de Danzay, un hectare de coteau argilo-calcaire. Sans désherbant depuis 2010, le domaine s’est engagé en bio en 2018 et a labellisé son premier millésime en 2021. Vendanges à la main, levures indigènes et cuves ciment donnent des Chinon rouges souples et un rosé de pressurage.

  • Domaine Arnaud Lambert

    Le Domaine Arnaud Lambert cultive le chenin et le cabernet franc en bio sur trois secteurs du Saumurois : Saint-Cyr-en-Bourg, Brézé et Montsoreau. Créé en 1996 par Yves Lambert, il a repris en 2009 huit clos à Brézé, l’année même de son engagement en agriculture biologique. Depuis 2018, son fils Arnaud, œnologue, y applique des pratiques biodynamiques. Ses treize cuvées, en Saumur, Saumur-Champigny et Crémant de Loire, portent presque toutes le nom de leur clos ou de leur parcelle.

  • Domaine Jean-Bernard Métais

    Le Domaine Jean-Bernard Métais cultive le chenin et le pineau d’Aunis sur le vignoble de la Gildonnière, à Lhomme, sur les coteaux de Jasnières. Sculpteur, Jean-Bernard Métais a repris en 1976 les vignes d’une famille installée à Courdemanche depuis le XVIe siècle. Vendangés par tries jusqu’en novembre, ses vins fermentent et s’élèvent en fût de chêne, du chenin sec au grand passerillé liquoreux. Sa cave creusée dans le tuffeau garde des passerillés de 1893, de 1811 et des années 1780, et le domaine est engagé en bio depuis 2022.

  • Vignoble Fabien Demois

    Le Vignoble Fabien Demois cultive une trentaine d’hectares de vignes en AOC Chinon autour du hameau de Chézelet, à Cravant-les-Côteaux. Cinquième génération sur place, Fabien Demois reprend l’exploitation en 2008, l’engage en bio en 2010 et obtient la certification Demeter en 2021. Brebis au pâturage l’hiver, fumier des Écuries de Chézelet et engrais verts semés entre les rangs font tourner une ferme en boucle. Du cabernet franc et du chenin de Chinon aux cépages résistants de la gamme Le Phénix, il signe des vins droits, vendangés à la main.

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