Apéro du domaine Haut Montlong

Domaine du Haut Montlong

  • Sud-Ouest

    Région viticole

  • 75ha

    Surface du vignoble

  • 1925

    Année de fondation

  • Bio

    En bio depuis 2017

Sommaire

De six hectares en métayage à un vignoble bio de Pomport

1925, une métairie sur les hauteurs

Le Domaine du Haut Montlong est un domaine viticole familial de Pomport, en Dordogne, conduit en agriculture biologique. Tout commence en 1925 par un métayage de 6 hectares, sur le site même où se trouve le domaine aujourd’hui. La famille travaille alors une terre qui ne lui appartient pas.

La deuxième génération achète les vignes en 1950. Le domaine s’agrandit ensuite peu à peu. En 1983, Alain Sergenton s’installe à son tour. C’est lui qui passera le relais à la quatrième génération.

2017, Laurence et Philippe rachètent pour passer en bio

Sa fille Laurence et son gendre Philippe Métifet rachètent la propriété à la famille en 2017. Leur projet est clair dès l’installation : conduire tout le vignoble en agriculture biologique. La conversion démarre la même année et la certification tombe en 2020, pour l’ensemble du domaine.

Le couple part de l’observation de chaque parcelle. Il adapte ses pratiques aux besoins des sols et aux conditions climatiques : enherbement, travail du sol, couverts végétaux. Le but affiché : réduire au maximum son impact sur l’environnement.

Trois paires de mains pour la vigne et le chai

Laurence dirige le domaine. Elle tient l’administratif comme la technique, sans oublier le social et la comptabilité. Philippe s’occupe du chai : vinifications et élevage des vins. À la vigne, il pilote les terrassements et les plantations.

Un troisième nom revient souvent, celui de Louis, le neveu de la famille. Jeune paysan, il seconde le couple au quotidien et connaît chaque parcelle. On le croise surtout au volant de son tracteur, de jour comme de nuit.

Pomport, la commune qui a gardé le nom Monbazillac

Un procès gagné contre le syndicat en 1921

Pomport n’a pas toujours eu droit au nom de Monbazillac sans discussion. Le syndicat viticole de Monbazillac a assigné trois propriétaires de la commune pour leur interdire de vendre leurs vins sous ce nom. Le tribunal de Bergerac a débouté le syndicat en décembre 1921, et la cour d’appel de Bordeaux a confirmé en 1924.

Un second jugement, en 1934, a fixé l’aire à cinq communes : Colombier, Monbazillac, Pomport, Rouffignac-de-Sigoulès et Saint-Laurent-des-Vignes. L’AOC Monbazillac a été reconnue le 15 mai 1936 sur ces limites. Pomport et Monbazillac y vivent presque en monoculture de la vigne.

Brumes d’automne et tries à la main

Le Monbazillac est réservé aux vins blancs tranquilles et doux. En automne, rosées et brouillards du matin stagnent dans la vallée de la Dordogne, puis l’après-midi se réchauffe. Cette alternance favorise le botrytis cinerea, la pourriture noble qui concentre les raisins.

La récolte se fait à la main, par tries successives. Le cahier des charges parle de trois passages en général, parfois beaucoup plus selon l’évolution du champignon. Les cépages principaux sont le sémillon, la muscadelle, le sauvignon et le sauvignon gris. Le chenin fait partie des cépages accessoires.

75 hectares en trois îlots à 110 mètres

Le domaine s’étend aujourd’hui sur 75 hectares, répartis en trois îlots à 110 mètres d’altitude. Il se trouve sur les hauteurs de Pomport, au sud de Bergerac, et domine la vallée de la Dordogne. Les vignes ont en moyenne une cinquantaine d’années.

Les sols mêlent argile calcaire et molasse. Côté blancs, le domaine cultive le sémillon, la muscadelle, le sauvignon blanc et gris, le chenin et le chardonnay. Les rouges reposent sur le merlot, le cabernet franc, le cabernet sauvignon et le malbec.

Du liquoreux au blanc de macération, le style du Haut Montlong

Trois monbazillac autour du sémillon

Le domaine produit six appellations sur les douze que compte le Bergeracois. En monbazillac, Tradition est un pur sémillon vinifié en cuve inox, sur la pêche blanche, l’ananas et le coing. Son millésime 2022 a reçu une étoile au Guide Hachette 2025, premier monbazillac bio du domaine dans le guide.

Audrey assemble 90 % de sémillon et 10 % de muscadelle, récoltés tardivement sur des grappes botrytisées. Font Romaine passe 24 mois en fûts de chêne français et joue le miel, l’orange douce et la noisette. Le millésime 2022 a obtenu une étoile dans l’édition 2026 du Guide Hachette.

Bergerac et côtes-de-bergerac, du rosé au vin de garde

En blanc sec, Éclat de Fruits et Vent d’Autan assemblent tous deux 80 % de sauvignon blanc et 20 % de sauvignon gris. Le premier reste en cuve, sur le pamplemousse et les agrumes. Le second passe six mois en fût de chêne et tire vers la mangue et l’ananas.

Les rosés vont du simple au gastronomique. Vin d’une Nuit, merlot et cabernet sauvignon, se vinifie en inox pour garder la fraise et la framboise. Caprice d’une Nuit, rosé de gastronomie, est vinifié six mois en fûts de chêne français.

Côté rouges, Tradition assemble merlot, cabernet franc et cabernet sauvignon, sur la groseille et le cassis. Laurence associe 90 % de merlot et 10 % de malbec. Vents d’Anges, en côtes-de-bergerac, passe 12 mois en fûts de chêne français. Le Guide Hachette 2026 a attribué trois étoiles à son millésime 2022, produit à 5 400 bouteilles.

La gamme Vin de France, pour sortir du cadre

À côté des appellations, la famille Métifet signe une gamme en Vin de France. Elle y revendique une personnalité de vignerons libres et novateurs. Alma est un blanc vinifié comme un rouge, avec une macération prolongée de neuf mois. Il en sort une robe orangée, des tanins et l’acidité d’un blanc. La cuvée porte le prénom d’une petite-fille née en 2022.

Le Pet’Nat, à 98 % de sémillon, finit sa fermentation en bouteille selon la méthode ancestrale. Corten Merlot est un merlot sans sulfites ajoutés, vinifié en cuve ovoïde. Corten Chenin passe six mois en barriques sur lies fines. Joseph, enfin, est un merlot à macération très courte, qui peut se servir frais, baptisé du nom d’un petit-fils né en 2024.

Un domaine ouvert, du caveau aux soirées guinguette

Dégustation libre et visite des appellations

La boutique du domaine accueille les visiteurs en semaine pour une dégustation guidée gratuite, sans réservation. Elle dure une vingtaine de minutes. Le week-end, la visite se fait sur rendez-vous.

Accueil du domaine Haut Montlong

La visite « Appellations VS Vin de France » dure une heure, pour 16 personnes au plus. Elle traverse le domaine avec vue sur les hauteurs du vignoble de Bergerac. On y apprend à distinguer Bergerac, Côtes de Bergerac et Monbazillac, puis à comprendre la gamme en Vin de France, de la vigne au chai.

Escape game, brunchs et musique dans les vignes

Le wine gaming reprend le principe de l’escape game. En 1 h 30, de 2 à 8 joueurs résolvent des énigmes, dégustent la gamme et cherchent le code d’un cryptex qui libère une bouteille. Le domaine le propose aussi aux entreprises, pour des journées de cohésion.

Il organise aussi des brunchs face aux vignes, avec des produits frais et locaux. À la belle saison s’ajoutent six soirées guinguette : musique live, cuisine à thème, mexicaine, portugaise ou périgourdine, vins du domaine et bière artisanale. Des séances de dégustation à l’aveugle complètent le programme.

On retrouve aussi ses bouteilles hors du domaine, sur des tables de Dordogne et de Gironde. La liste mêle tables étoilées, bistrots gastronomiques, restaurants familiaux et épiceries, de Trémolat aux Eyzies et jusqu’au bassin d’Arcachon.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Manoir de Saint-Bazile

    Le Manoir de Saint-Bazile a planté 1,6 hectare de vignes en 2023 sur un coteau plein sud de Saint-Bazile-de-Meyssac, en Corrèze. Nicolas Bossut et Pierre Basiaux y cultivent syrah, zinfandel, merlot, chardonnay et muscat, sans travail du sol, sous un couvert de trèfle blanc. Engagé en bio depuis 2024, le domaine travaille tout à la main et a vendangé pour la première fois en septembre 2025. Le manoir presse aussi des pommes bio de Corrèze pour en tirer des jus et des hard ciders.

  • Château de Rhodes

    Au lieu-dit Boissel, sur les premiers coteaux de la rive droite du Tarn, Eric Lépine dirige depuis 2002 le Château de Rhodes, en appellation Gaillac. La famille y cultive une trentaine d’hectares en bio, les rouges depuis 2008 et les blancs depuis 2010. Le domaine a réintroduit le prunelard et vinifie tous ses vins en cuves béton, avec les levures indigènes. Ses rouges attendent dans une cave voûtée en briques toulousaines avant de sortir prêts à boire.

  • Domaine La Colombière

    À Villaudric, dans l’appellation Fronton, Diane et Philippe Cauvin cultivent 13 hectares en biodynamie certifiée Biodyvin. Le domaine est né en 1970 sur un lieu planté de vignes depuis 1470, et ses rouges reposent sur la négrette. En 2009, le couple a retrouvé de vieilles souches de bouysselet, un cépage blanc disparu, et l’a fait renaître par surgreffage. Sa gamme va de la négrette pure élevée en foudre au rancio sec de bouysselet.

  • Château de la Jaubertie

    À Colombier, au sud de Bergerac, le Château de la Jaubertie conduit 42 hectares de vignes en bio depuis 2006, autour d’un château Directoire inscrit aux Monuments historiques. La famille Ryman en est propriétaire depuis 1973, et l’œnologue Hugh Ryman y signe les vins aux côtés d’Anne Ryman. Le domaine produit du Bergerac dans les trois couleurs, un Monbazillac et quelques vins en IGP Périgord. Sa gamme Les Cépages Oubliés assemble la mérille et le fer servadou, sans aucun intrant.

  • Clos Lapeyre

    Le Clos Lapeyre cultive 18 hectares de Petit et de Gros Manseng sur les coteaux de Chapelle-de-Rousse, à Jurançon, en bio depuis 2002 et en pratiques biodynamiques. Ancienne ferme de fraises et de vaches blondes, le domaine naît en 1985 avec Jean-Bernard Larrieu, troisième génération de la famille. Ses terrasses, plantées dès 1972, comptent parmi les premières de l’appellation, avant un retour à la plantation dans la pente. Il produit des Jurançon secs de garde, des moelleux passerillés et quelques vins nature.

  • Domaine Nigri

    Au quartier Candeloup de Monein, le Domaine Nigri est une propriété viticole depuis 1685, tenue par la quatrième génération de Lacoste. L’œnologue Jean-Louis Lacoste y conduit 15 hectares de coteaux en Jurançon, engagés en bio depuis 2001. Le domaine garde deux cépages béarnais devenus très rares, le camaralet et le lauzet, qui entrent dans ses cuvées Confluence et Hors Piste. Sa production se partage à parts égales entre jurançon sec et jurançon doux.

  • Château les Miaudoux

    Le Château les Miaudoux cultive la vigne à Saussignac, en Dordogne, où Gérard et Nathalie Cuisset se sont installés en 1987. Converti en bio en 2003, le domaine est passé en biodynamie certifiée Demeter à l’arrivée de leur fils Samuel et de son épouse Lisa, en 2014. Il produit du bergerac blanc, rouge et rosé, et des liquoreux de Saussignac issus de ses plus vieilles vignes, dont une cuvée sans sulfite ajouté. Brebis, cheval et pruneaux d’Agen complètent une ferme qui préfère l’observation du sol au dogme.

  • Château Lafitte

    Le Château Lafitte cultive 5 hectares de petit manseng et de gros manseng à Monein, dans le vignoble du Jurançon, en biodynamie certifiée Demeter. Depuis 2012, Antoine Arraou y vinifie des vins naturels, sans aucun produit œnologique ni sulfites ajoutés, élevés en jarre de grès, en amphore ou en solera. Son chai de 2018, enterré et équipé de panneaux solaires, fait circuler les vins par gravité. Le Sec 2013 du domaine a reçu trois étoiles et un coup de cœur au Guide Hachette 2016.

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