Les vignes du Château Moulin de Peyronin

Château Moulin de Peyronin

Région viticole

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Bordeaux

BioDemeter
Sommaire

Cinquante ans de bio sur le coteau de Peyronin

1966, un foudrier achète la propriété

L’histoire moderne du Château Moulin de Peyronin commence en 1966. Cette année-là, Claude Jougla, foudrier renommé, achète la propriété, à Pujols, en Gironde. En 1975, il passe le vignoble en agriculture biologique. Le domaine compte ainsi parmi les pionniers de ce mode de culture à Bordeaux.

La certification suit dès l’apparition du label, en 1985, avec l’organisme Ecocert. Les propriétaires actuels le soulignent : leurs vins étaient certifiés bio bien avant leur arrivée sur la propriété.

2006, deux vignerons de 25 ans reprennent le domaine

En août 2006, Véronique et Franck Terral rachètent le domaine. Ils n’ont alors que 25 ans. Les héritiers de Claude Jougla le géraient à distance, depuis le sud de la France. Il n’y avait ni commercialisation ni accueil, et la propriété avait besoin d’exploitants sur place.

Le couple se lance dans une restructuration quasi intégrale du vignoble. Il garde en revanche le cap fixé en 1975. Pour eux, il allait de soi de poursuivre en bio et de continuer à produire des vins bio en appellation Bordeaux.

Véronique et Franck du Château Moulin de Peyronin

La vigne pour Franck, les clients pour Véronique

Les deux vignerons se sont rencontrés au lycée agricole de Libourne-Montagne. Franck y a obtenu un BTS Viticulture-Œnologie, Véronique un BTS Technico-Commercial Vins et Spiritueux. Chacun a ensuite travaillé ailleurs dans le monde du vin avant de s’installer.

Tous deux sont aujourd’hui propriétaires et gérants. Franck conduit la vigne, travaille au chai et vend aux professionnels. Véronique gère l’administratif, le commercial et la logistique. C’est elle qui fait le lien entre le domaine et ses clients.

Quatorze hectares d’un seul tenant au-dessus de la Dordogne

Pujols, à six kilomètres de Castillon-la-Bataille

Pujols appartient à l’Entre-deux-Mers, la partie du vignoble bordelais comprise entre la Garonne et la Dordogne. Le domaine se trouve à l’est de Saint-Émilion, à environ 6 km au sud de Castillon-la-Bataille. Le climat y est océanique tempéré.

La propriété couvre 20 hectares, dont 14 hectares de vignes. Les rouges en occupent 11,5 hectares, les blancs 2,5 hectares. Le vignoble tient d’un seul tenant autour de la propriété et surplombe la vallée de la Dordogne, entre 75 et 80 mètres d’altitude.

Un sol argilo-calcaire où le merlot mène la danse

Les vignes poussent sur un sol argilo-calcaire. Il appartient au bassin aquitain, une vaste plaine sédimentaire ouverte sur l’Atlantique, faite surtout de calcaire et d’argile. Dans le Bordelais, ces terres de coteaux sont de celles où le merlot s’exprime très bien.

Le merlot représente 60 % des rouges, à côté du malbec et du cabernet-sauvignon, à 20 % chacun. Chez les blancs, le sémillon occupe 70 % des vignes. Il partage le reste avec le sauvignon blanc et le sauvignon gris.

Des moutons, des haies et des chênes truffiers

Engrais verts une année, moutons l’autre

Ni herbicide, ni pesticide systémique, ni engrais chimique n’entrent dans les vignes. Pour la fertilisation, le domaine alterne d’une année sur l’autre les engrais verts et les moutons. Les bêtes apportent leur fumure et désherbent dans le rang comme sous le rang.

Les engrais verts sont semés un rang sur deux : moutarde, féverole, pois, avoine, triticale, seigle et radis chinois. Contre les maladies, la vigne reçoit du cuivre, du soufre et des tisanes de plantes. L’objectif est de lui rendre un maximum d’autonomie grâce à un sol vivant.

Ce troupeau ne date pas d’hier. Dans son édition 2013, le Guide Hachette des vins notait déjà la présence de moutons dans les vignes de Franck Terral, chargés d’éliminer l’herbe dans les rangs.

Un vignoble entièrement bordé de haies

Dès leur arrivée, les Terral ont planté des haies et des arbres. En 2021, une collecte participative sur la plateforme Miimosa leur a permis d’aller plus loin. 700 mètres de haies supplémentaires ont été plantés avec Arbres & Paysages de Gironde. Le vignoble est désormais entièrement entouré de haies.

L’agroforesterie a aussi sa place. Dans une parcelle de cabernet-sauvignon, des rangs de chênes truffiers alternent avec les rangs de vigne, soit une soixantaine d’arbres. L’eau de pluie est récupérée pour les animaux, le potager et les traitements de la vigne.

Biodynamie en 2017, Demeter en 2019

En 2017, le couple convertit le domaine à la biodynamie. La certification Demeter arrive en 2019 et couvre tous les vins. Chaque année, les vins sont contrôlés sur les exigences propres à Demeter, en plus de la certification bio.

Les préparations biodynamiques sont dynamisées dans un dynamiseur en cuivre, avec l’eau de pluie stockée sur place. Pour les pulvériser, le couple a fabriqué un système monté sur un quad, avec l’aide d’un ami viticulteur. Il remplace l’ancien pulvérisateur à dos. Chaque année, le domaine prépare aussi des purins d’ortie pour fortifier la vigne.

Au chai, les règles Demeter vont plus loin que le bio européen. La fermentation alcoolique doit démarrer sur les levures indigènes du raisin. Les levures extérieures ne servent qu’en cas d’arrêt de fermentation, et la teneur maximale en soufre est réduite.

Du clairet au vin orange, une gamme en appellation Bordeaux

L’AOC Bordeaux et ses clairets

Le domaine produit 98 % de ses vins en AOC Bordeaux. Reconnue en appellation d’origine contrôlée par un décret de 1936, elle couvre des rouges, des blancs, des rosés et des clairets. La mention « clairet » est réservée aux rosés foncés. Les bulles relèvent d’une autre appellation, le Crémant de Bordeaux.

Ce nom vient de loin. Après le mariage d’Aliénor d’Aquitaine et d’Henri Plantagenet, en 1152, les Anglais importent des vins de Bordeaux qu’ils appellent « claret », pour leur couleur claire. Aujourd’hui, le clairet se reconnaît à sa robe intense aux reflets framboise et à sa bouche plus vineuse que celle des autres rosés.

Neuf vins, deux crémants et un vin orange

La gamme compte neuf vins en trois couleurs. Sous l’étiquette Château Moulin de Peyronin, le domaine produit un rouge, un blanc, un rosé et un clairet en AOC Bordeaux. La Cuvée Romane existe en rouge et en blanc.

Deux crémants de Bordeaux complètent l’ensemble : Pétillante Aline en blanc brut et Pétillante Emma en rosé brut. L’Orange du Moulin est un vin orange, classé en Vin de France. S’y ajoute un jus de raisin pétillant bio, sans alcool.

Le couple dit faire des essais tous les ans. La liste des produits certifiés par Demeter mentionne ainsi d’autres Vins de France, comme un Blanc de Cabernet 2024.

Des vins de fruit, du blanc d’agrumes au rouge épicé

Les Terral décrivent leurs vins comme fruités et fidèles au terroir. Leur blanc joue sur les notes d’agrumes et une fin de bouche vive. Le rosé mise sur les fruits rouges, avec une touche d’acidité. Le clairet, à la robe rose pivoine, apporte rondeur et arômes de fruits rouges.

Le rouge du château associe notes fruitées et structure. La Cuvée Romane rouge ouvre sur des arômes beurrés, épicés et de chocolat, avec une pointe d’agrumes. Le Romane blanc passe par le fût de chêne et garde une acidité marquée.

Pétillante Aline offre des bulles fines, des notes de fruits blancs et de fleurs d’acacia. Pétillante Emma évoque la fraise et le cassis. L’Orange du Moulin, enfin, affiche des notes d’agrumes très marquées, une belle acidité et une bonne longueur.

Une étoile au Guide Hachette, un clairet sur France Inter

Le Guide Hachette des vins a attribué une étoile au blanc 2020 dans son édition 2022. Élevé en cuve, il assemble 45 % de sauvignon blanc, 40 % de sémillon et du sauvignon gris. Le guide y relève des fruits blancs, une bouche ronde et ample, et un trait de minéralité.

Le clairet 2021 a, lui, été commenté par Jérôme Gagnez dans On va déguster, l’émission de France Inter animée par François-Régis Gaudry.

Venir à Peyronin, à pied dans les vignes ou en camping-car

Une visite gratuite, sur réservation

Les Terral reçoivent au domaine, mais sur réservation seulement. Souvent dans les vignes, au chai ou en salon, ils ont besoin d’être prévenus. Quand le temps le permet, la visite commence par une balade dans les vignes. On y parle de bio, de biodynamie et du quotidien d’un vigneron indépendant.

Elle se poursuit au chai, où reposent des barriques et des amphores, puis dans la salle de stockage des bouteilles. Tout se termine par la dégustation de trois vins du château. La visite et la dégustation sont gratuites.

Une aire pour trois camping-cars près du moulin

Depuis 2020, le domaine accueille aussi les camping-cars. L’aire se trouve dans un champ, près du moulin, avec une vue dégagée sur le vignoble. Elle reçoit trois camping-cars au plus, pour 48 heures maximum, avec un point d’eau.

Les vins voyagent aussi hors de Pujols. On les trouve chez des cavistes, dans des magasins bio, en AMAP, sur les marchés et les salons. À Bordeaux, la cave et bar à vin ComplanTerra compte le domaine parmi ses partenaires phares.

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Les autres domaines de la région Bordeaux

  • Château de Chainchon

    Le Château de Chainchon appartient à la même famille depuis 1846, sur un coteau de Castillon-la-Bataille qui domine la vallée de la Dordogne. Michelle et Patrick Érésué y conduisent depuis 1996 15 hectares de vignes engagés en bio depuis 2010, en Castillon-Côtes de Bordeaux. Le merlot y prend plusieurs formes, de la cuve inox à l’amphore de la cuvée Teha, coup de cœur du Guide Hachette 2023. Le château reçoit sur rendez-vous pour une visite d’une heure et demie, du coteau au chai.

  • Château La Grâce Fonrazade

    Le Château La Grâce Fonrazade n’avait plus produit de vin depuis 1985 quand François-Thomas Bon et Bénédicte Simonet l’ont racheté en 2010. Ses parcelles de Saint-Émilion Grand Cru, réparties autour du village, mêlent graves fines, sables et argiles calcaires, à dominante de merlot. Engagé en bio depuis 2013, le domaine vinifie dans un chai reconstruit la même année et autonome en chauffage. Il signe aussi un bordeaux blanc de sauvignon gris, et son grand cru 2022 a reçu deux étoiles au Guide Hachette 2026.

  • Château de Chelivette

    Le Château de Chelivette, à Sainte-Eulalie, est l’une des plus anciennes propriétés viticoles de Gironde, aux mains des Jésuites de 1626 à 1764. Venus de la finance à Londres, Florence et Jacques Borel la reprennent en 2014 et la conduisent en biodynamie, certifiée Demeter depuis 2019. Sur 30 hectares, une douzaine d’hectares de vigne côtoient prairies, verger, potager, ruches et moutons. Le domaine signe des Bordeaux supérieur, un Cadillac Côtes de Bordeaux et des cuvées élevées en amphore.

  • Château Vieux Chevrol

    Le Château Vieux Chevrol cultive 34 hectares sur le plateau de Néac, commune du nord de l’appellation Lalande-de-Pomerol qui eut sa propre AOC avant de la rejoindre en 1954. Venue d’Auvergne par le négoce en 1921, la famille Champseix en est à sa troisième génération avec Michel, ingénieur agronome et œnologue arrivé en 2013. Il a converti tout le vignoble en bio dès 2015, deux ans après sa première vinification. Le domaine produit un seul vin rouge, à 80 % de merlot, élevé douze mois en demi-muids de 600 litres.

  • Château Paloumey

    Le Château Paloumey cultive 37 hectares en Haut-Médoc, sur les graves de Ludon-Médoc et de Cussac-Fort-Médoc. Arraché au XXe siècle, son vignoble a été replanté à partir de 1990 par Martine Cazeneuve, sur une propriété qui n’avait plus un pied de vigne. Son fils Pierre, ingénieur agronome, l’a engagé en bio dès 2016 et y plante des lignes d’arbres depuis 2021. Classé Cru Bourgeois Exceptionnel en février 2025, le château ouvre aussi son chai aux visiteurs.

  • Château Gadet Terrefort

    Le Château Gadet Terrefort est un cru artisan du Médoc fondé en 1921 à Gaillan-en-Médoc et tenu aujourd’hui par Anaïs Bernard, troisième génération. Ses 30 hectares de vignes se partagent entre les sables graveleux de Gaillan et les argilo-calcaires d’Ordonnac, au bord de l’estuaire. Engagé en bio en 2019, le domaine est entièrement conduit en agriculture biologique depuis 2023. Une cinquantaine de vaches limousines fournissent le fumier des vignes, et la scierie familiale taille les piquets d’acacia du palissage.

  • Château Bastor-Lamontagne

    Le Château Bastor-Lamontagne cultive 50 hectares de vignes d’un seul tenant à Preignac, dans l’appellation Sauternes, sur la deuxième terrasse de la Garonne. Engagé en bio en 2010, le vignoble est entièrement certifié depuis 2016, planté de 80 % de sémillon et de 20 % de sauvignon. Ancienne propriété royale passée par les Larrieu de Haut-Brion puis par le Crédit Foncier, il appartient depuis 2018 à la famille Helfrich. Ses Sauternes, fermentés en barriques neuves, misent sur le fruit, la fraîcheur et un sucre modéré.

  • Château Fougas

    Le Château Fougas cultive 22 hectares en Côtes de Bourg, sur un plateau de Lansac où des argiles bleues reposent sur la molasse du Fronsadais. Racheté en 1976 par Jean-Yves Béchet, qui le tient avec Michèle Béchet, il est certifié en biodynamie depuis 2010 et porte le label Demeter. Ses rouges à dominante de merlot, de Maldoror à Forces de Vie, cherchent « la violette plutôt que le goudron ». Premier à pratiquer la location de pieds de vigne, le château invite ses locataires à vendanger leur propre millésime.

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