Panorama du domaine de Grimardy

Domaine de Grimardy

  • Sud-Ouest

    Région viticole

  • 10ha

    Surface du vignoble

  • Bio

    En bio depuis 2010

Sommaire

Grimardy, un domaine de Montravel à sa troisième histoire

Des vignes de coopérative au chai des Establet

Le Domaine de Grimardy est un vignoble bio de Montazeau, en Dordogne, au lieu-dit les Grimards. Autrefois, quatre familles vivaient sur ces terres et portaient leur récolte à la coopérative. On y fabriquait aussi, jadis, des tonneaux de châtaignier.

En 1998, Marielle et Marcel Establet, venus du Bordelais voisin, reprennent la propriété et y installent un chai. Le nom de Grimardy apparaît sur les étiquettes à partir de 1999. Dès 2000, les engrais chimiques et les insecticides disparaissent du domaine.

Le domaine entre en conversion à l’agriculture biologique le 10 septembre 2010. Ses vins sont certifiés bio à partir du millésime 2013. Le contrôle est aujourd’hui assuré par Ecocert.

2021, Sophie et Gaël changent de vie

En juillet 2021, les anciens propriétaires partent à la retraite. Sophie Der Mikaélian et Gaël Valet reprennent l’exploitation. Pour eux, c’est une reconversion et un changement de vie, après 20 ans passés en Charente-Maritime, près de La Rochelle.

Tous deux sont petits-enfants de grands-pères qui avaient une petite vigne. Sophie a préparé un BTS viticulture-œnologie de 2019 à 2021, dans le sillage de ses grands-parents agriculteurs. Gaël se forme depuis 2017 au contact de vignerons et de spécialistes de la vigne, et il a obtenu le diplôme du WSET.

Ils travaillent à deux, sans salarié. Tout est produit et transformé sur place, de la vigne jusqu’à la mise en bouteille. Ils se présentent comme des artisans Vignerons Indépendants. C’est d’ailleurs Sophie qui dessine les étiquettes.

Un premier millésime qui frôle le coup de cœur

Leurs trois premiers vins, tous de 2021, ont été sélectionnés dans le Guide des Vins Bio 2024. Le rouge Nucléus 2021 a obtenu deux étoiles au Guide Hachette des vins 2024. Le guide note que ce premier millésime des nouveaux propriétaires « s’est placé sur les rangs pour un coup de cœur ».

Dix hectares sur le calcaire à astéries de Montazeau

Des plateaux entre 80 et 115 mètres

Le vignoble couvre 10 hectares. Les sols sont argilo-calcaires, avec du calcaire dur et des marnes à ostras, ces huîtres fossilisées. Certaines parcelles portent aussi du silex et de la craie. Les vignes s’étagent de 80 à 115 mètres d’altitude sur les plateaux.

La plupart des parcelles bénéficient d’un bon ensoleillement. En arrivant au domaine, un belvédère ouvre sur un vallon, et au loin sur la vallée de la Dordogne. Autour des vignes, le paysage mêle bois, prairies et cultures.

Vignes du domaine de Grimardy

Trois quarts de vieilles vignes, et des sémillons de 80 ans

Sur ces 10 hectares, 75 % des surfaces sont en vieilles vignes, de plus de 35 ans. Certaines parcelles sont plantées depuis 1945. Les plus anciennes sont des sémillons de 70 et 80 ans, vendangés à la main pour le Montravel blanc.

Les rouges occupent 7,8 hectares : 70 % de Merlot, 25 % de Cabernet Sauvignon et 5 % de Cabernet Franc. Les blancs couvrent 2,3 hectares, partagés entre Sémillon et Sauvignon blanc à 35 % chacun, et Sauvignon gris à 30 %.

Montravel, petite appellation à l’ouest du Bergeracois

Montazeau fait partie des communes de l’AOC Montravel, à l’ouest de la Dordogne. La zone s’étend entre la vallée de la Dordogne au sud et la forêt du Landais au nord. Ce qui la distingue du reste du Bergeracois, c’est le calcaire à astéries qui affleure sur ses coteaux, déposé quand la mer recouvrait la région à l’Oligocène.

L’appellation a été reconnue en 1937 pour les blancs, puis en 2001 pour les rouges. Les blancs secs reposent sur le sémillon et les sauvignons, les rouges sur le merlot. La production reste modeste : environ 15 000 hectolitres de blanc sec et 1 500 de rouge en moyenne.

Le vignoble de Montravel a son vigneron célèbre : Michel de Montaigne, dont les vignes s’étendaient au pied de sa tour. Grimardy produit aujourd’hui du Montravel blanc sec, des Bergerac rouges, blancs et rosés, et des vins en IGP Périgord.

L’agroécologie à Grimardy : laisser pousser, récolter peu

Des rangs enherbés où la faune revient

Depuis 2021, Sophie et Gaël conduisent le vignoble en agroécologie. Les rangs restent enherbés naturellement, et la flore comme la faune s’y développent en quantité. Les travaux en vert limitent la récolte à 30 à 40 hectolitres par hectare au maximum.

Gaël est fasciné depuis l’enfance par les plantes, les fleurs et la vigne. Il voulait travailler en agroécologie et en agroforesterie, pour faire ressentir dans les vins ce que le couple appelle la « bio-diversité des arômes ». Le domaine travaille avec AgroBio Périgord.

À la cave, avec l’œnologue Caroline Chauveton

Le couple vinifie avec Caroline Chauveton, œnologue du laboratoire Œnocentre Bergerac Duras. Les sémillons sont vendangés à la main, les raisins du Bergerac rouge à la machine. En 2023, le domaine produisait environ 12 000 bouteilles par an.

Le Bergerac rouge macère entre 14 et 30 jours selon les années. Il est ensuite élevé en cuve ou en fût de chêne, de 13 à 18 mois suivant la richesse du millésime. Le Montravel blanc est bâtonné une à deux fois par semaine pendant plusieurs mois, pour faire remonter les lies fines et apporter de la rondeur.

Des rouges de merlot et des blancs de vieux sémillon

Nucléus, un silex de Cro-Magnon et un boisé fin

La gamme compte huit vins. Le plus connu, Nucléus, tire son nom d’un bloc de silex taillé par Cro-Magnon. C’est le premier vin d’élevage du couple. Le millésime 2022 assemble trois quarts de merlot et un quart de cabernet sauvignon, passés brièvement en barrique.

Le vin mêle fruits rouges, bois et épices, sur des tanins de chêne français. Ce Nucléus 2022 a reçu une médaille d’or au Concours des Grands Vins de France de Mâcon 2025, et une étoile au Guide Hachette 2025.

Empreinte, Petit Merle et Espécial, trois autres rouges

Empreinte est un Bergerac rouge léger et fruité. Le 2022, à majorité de merlot, a passé 18 mois en cuve et joue sur les fruits noirs épicés. Petit Merle compte 90 % de Merlot : une explosion de fruits rouges sur des tanins doux.

Espécial est à part. Ce pur Cabernet Sauvignon en IGP Périgord n’existe qu’à 1 000 bouteilles. Il donne des fruits noirs intenses et une finale fraîche, légèrement mentholée. Avec Empreinte et Nucléus, il a reçu une étoile au Guide Hachette 2025 pour le millésime 2022.

Mes Anges, Hoche-Queue et un rosé saumon

Mes Anges est le Montravel blanc sec du domaine. Issu des vieux sémillons, il est élevé sur lies. Le nez donne des agrumes, des fruits blancs et des épices douces, la bouche une attaque vive puis des notes de pêche et de miel. Le 2024 a obtenu une étoile au Guide Hachette 2027.

Hoche-Queue, un Bergerac blanc sec souple, joue sur le citron vert, le pamplemousse et la mandarine. Le blanc IGP Périgord 2020, à 60 % de Sémillon, part vers le miel, la noix et une finale anisée. Enfin, le rosé Voisins-Voisines a une couleur saumon et des parfums de fraise et de pamplemousse.

Déguster face aux paysages de Montravel

Du belvédère à la salle de dégustation

Le domaine vend ses vins en direct et reçoit dans sa salle de dégustation. Les visites guidées se font sur rendez-vous. Par beau temps, la dégustation se tient sur le belvédère, face aux paysages typiques de Montravel. Si la météo est taquine, elle rentre dans la salle.

La visite la plus complète commence par une promenade dans le vignoble, consacrée à la biodiversité, pendant une quarantaine de minutes. Elle se poursuit par la dégustation de quatre ou cinq vins. Sophie et Gaël l’adaptent aux connaissances de chacun, débutants compris.

De la tour de Montaigne au lac de Gurçon

Le domaine adhère à la Route des vins de Bergerac et Duras. Autour de Montazeau, les vignerons conseillent le château de Montaigne à Saint-Michel-de-Montaigne, la villa gallo-romaine de Montcaret et le lac de Gurçon. Saint-Émilion n’est qu’à 25 kilomètres.

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Les autres domaines de la région Sud-Ouest

  • Château de Rhodes

    Au lieu-dit Boissel, sur les premiers coteaux de la rive droite du Tarn, Eric Lépine dirige depuis 2002 le Château de Rhodes, en appellation Gaillac. La famille y cultive une trentaine d’hectares en bio, les rouges depuis 2008 et les blancs depuis 2010. Le domaine a réintroduit le prunelard et vinifie tous ses vins en cuves béton, avec les levures indigènes. Ses rouges attendent dans une cave voûtée en briques toulousaines avant de sortir prêts à boire.

  • Domaine La Colombière

    À Villaudric, dans l’appellation Fronton, Diane et Philippe Cauvin cultivent 13 hectares en biodynamie certifiée Biodyvin. Le domaine est né en 1970 sur un lieu planté de vignes depuis 1470, et ses rouges reposent sur la négrette. En 2009, le couple a retrouvé de vieilles souches de bouysselet, un cépage blanc disparu, et l’a fait renaître par surgreffage. Sa gamme va de la négrette pure élevée en foudre au rancio sec de bouysselet.

  • Château de la Jaubertie

    À Colombier, au sud de Bergerac, le Château de la Jaubertie conduit 42 hectares de vignes en bio depuis 2006, autour d’un château Directoire inscrit aux Monuments historiques. La famille Ryman en est propriétaire depuis 1973, et l’œnologue Hugh Ryman y signe les vins aux côtés d’Anne Ryman. Le domaine produit du Bergerac dans les trois couleurs, un Monbazillac et quelques vins en IGP Périgord. Sa gamme Les Cépages Oubliés assemble la mérille et le fer servadou, sans aucun intrant.

  • Clos Lapeyre

    Le Clos Lapeyre cultive 18 hectares de Petit et de Gros Manseng sur les coteaux de Chapelle-de-Rousse, à Jurançon, en bio depuis 2002 et en pratiques biodynamiques. Ancienne ferme de fraises et de vaches blondes, le domaine naît en 1985 avec Jean-Bernard Larrieu, troisième génération de la famille. Ses terrasses, plantées dès 1972, comptent parmi les premières de l’appellation, avant un retour à la plantation dans la pente. Il produit des Jurançon secs de garde, des moelleux passerillés et quelques vins nature.

  • Domaine Nigri

    Au quartier Candeloup de Monein, le Domaine Nigri est une propriété viticole depuis 1685, tenue par la quatrième génération de Lacoste. L’œnologue Jean-Louis Lacoste y conduit 15 hectares de coteaux en Jurançon, engagés en bio depuis 2001. Le domaine garde deux cépages béarnais devenus très rares, le camaralet et le lauzet, qui entrent dans ses cuvées Confluence et Hors Piste. Sa production se partage à parts égales entre jurançon sec et jurançon doux.

  • Château les Miaudoux

    Le Château les Miaudoux cultive la vigne à Saussignac, en Dordogne, où Gérard et Nathalie Cuisset se sont installés en 1987. Converti en bio en 2003, le domaine est passé en biodynamie certifiée Demeter à l’arrivée de leur fils Samuel et de son épouse Lisa, en 2014. Il produit du bergerac blanc, rouge et rosé, et des liquoreux de Saussignac issus de ses plus vieilles vignes, dont une cuvée sans sulfite ajouté. Brebis, cheval et pruneaux d’Agen complètent une ferme qui préfère l’observation du sol au dogme.

  • Château Lafitte

    Le Château Lafitte cultive 5 hectares de petit manseng et de gros manseng à Monein, dans le vignoble du Jurançon, en biodynamie certifiée Demeter. Depuis 2012, Antoine Arraou y vinifie des vins naturels, sans aucun produit œnologique ni sulfites ajoutés, élevés en jarre de grès, en amphore ou en solera. Son chai de 2018, enterré et équipé de panneaux solaires, fait circuler les vins par gravité. Le Sec 2013 du domaine a reçu trois étoiles et un coup de cœur au Guide Hachette 2016.

  • Château Barouillet

    Le Château Barouillet appartient à la famille Alexis depuis huit générations, à Pomport, au milieu de l’aire du Monbazillac. Revenu en 2010, Vincent Alexis a quitté le vrac, converti le vignoble en bio puis obtenu la certification Demeter en 2021. Ses 40 hectares, répartis entre Pomport, Mescoules et Lembras, portent plus de vingt-cinq cépages en Bergerac et en Pécharmant. Levures indigènes, amphores et soufre minimal donnent des blancs macérés, des rouges souvent sans sulfites et un liquoreux déclassé en Vin de France.

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