Château du Grand Bos
Sommaire
- Un cru de clairière entre Castres, Portets et Saint-Selve
- Les Crozilhac, maîtres du Grand Bos jusqu’en 1830
- Une chartreuse autour d’une cour carrée
- Des arbres centenaires et vingt hectares de bois
- 1988, la famille Vincent rallume un cru éteint
- André Vincent, de Saint-Estèphe à Castres
- Marie Vincent-Rochet, puis Lou Rochet
- Vingt-trois hectares de graves passés en bio
- Des graves profondes sur une assise calcaire
- Engagé en bio avec Ecocert depuis 2020
- Seigle, confusion sexuelle et préparations maison
- Au chai, un puits du XVIIe siècle et deux cents barriques
- Un cuvier pour vinifier parcelle par parcelle
- Le chai souterrain de 2005
- Des Graves rouges de garde et des blancs sans verdeur
- Le Grand Bos rouge, trois étoiles au Guide Hachette
- Des blancs de Sémillon élevés en fût
- Vins nature et micro-cuvées
- Les Graves, entre Garonne et forêt de pins
- Une appellation de rouges et de blancs depuis 1937
- Des vignes en clairière au bord des pins
- Venir au Grand Bos
- Une visite guidée toute l’année
- Une dégustation de Graves rouges et blancs
Un cru de clairière entre Castres, Portets et Saint-Selve
Les Crozilhac, maîtres du Grand Bos jusqu’en 1830
Le Château du Grand Bos produit des vins bio en appellation Graves, à Castres-Gironde, au sud de Bordeaux. Ses vignes naissent à la charnière de trois communes : Castres, Portets et Saint-Selve. Le domaine se rattache au plus ancien vignoble de Bordeaux, planté depuis 2 000 ans, et se trouve près de l’ancienne voie romaine du Chemin Gallien.
Du XVIe siècle à 1830, la propriété appartient aux Crozilhac, bourgeois de Bordeaux et seigneurs de Lescaley et de Laguloup. L’un d’eux était curé de La Brède au temps de Montesquieu. Le Grand Bos figure sur la carte de Belleyme, au XVIIIe siècle. Les anciens Féret le classaient au premier rang des crus de la commune.
Une chartreuse autour d’une cour carrée
La demeure principale est une chartreuse à pavillon central des XVIIe et XVIIIe siècles. Lors d’une première rénovation, en 1771, ses communs sont agrandis et surhaussés. Deux ailes les répartissent de part et d’autre de la demeure et dessinent une cour carrée, fermée par une grille.
La première aile abrite le cuvier et le laboratoire d’analyses. La seconde accueille les celliers à bouteilles, la salle d’habillage et la salle d’accueil des visiteurs. Sous la cour, le domaine a construit un chai souterrain de 400 m².

Des arbres centenaires et vingt hectares de bois
Le domaine se décrit comme un vignoble de clairière typique des Graves. Des forêts de pins maritimes et de feuillus l’entourent : chênes, châtaigniers, acacias. Autour du site du Grand Bos, les bois couvrent 20 hectares.
Près des bâtiments poussent des arbres plusieurs fois centenaires. On y mesure un châtaignier de 3,60 m de circonférence et un tilleul de 3,20 m. Des chênes pédonculés approchent les 3 m, et des chênes-lièges atteignent 2,30 m de tour.
1988, la famille Vincent rallume un cru éteint
André Vincent, de Saint-Estèphe à Castres
En 1988, après la vente du château La Haye à Saint-Estèphe, André Vincent achète le Grand Bos. La propriété ne faisait plus de vin depuis 1950. Il restaure les bâtiments, plante, et acquiert de vieilles vignes sur la même veine de graves profondes.
Il rééquipe ensuite la propriété en matériel moderne. Les premières vendanges de cette renaissance ont lieu en 1992. En 2005, André Vincent transforme les anciennes caves souterraines, traversées par des puits du XVIIe siècle, en chai à barriques.
Marie Vincent-Rochet, puis Lou Rochet
En 2007, sa fille Marie Vincent-Rochet rejoint la propriété et prend la relève. Elle adopte des techniques de viticulture biologique et place la biodiversité au centre du vignoble.
En 2017, sa petite-fille Lou Rochet incarne la troisième génération. Elle est titulaire d’un Master 2 en chimie moléculaire et d’un mastère spécialisé « Manager de domaines viticoles », obtenus à l’université de Bordeaux. Elle oriente le domaine vers la certification bio et s’intéresse de près aux pratiques biodynamiques.
Vingt-trois hectares de graves passés en bio
Des graves profondes sur une assise calcaire
Le vignoble couvre 23 hectares : 18 en cépages rouges et 5 en cépages blancs. En rouge, le Merlot et le Cabernet Sauvignon sont presque à égalité, renforcés d’un peu de Petit Verdot et d’une pincée de Malbec. Le Cabernet Franc complète l’encépagement.
En blanc, le Sauvignon et le Sémillon se partagent les vignes dans la proportion d’un tiers pour deux tiers, avec un peu de Muscadelle. Le Sauvignon gris et le Sauvignon blanc y figurent tous deux.
Les vignes s’enracinent dans des graves caillouteuses, sur un sous-sol argilo-siliceux de 3 à 5 mètres, posé sur une assise calcaire tertiaire. La plupart sont plantées à 5 555 pieds par hectare, certaines jusqu’à 6 900. Quelques parcelles ont environ 70 ans.

Engagé en bio avec Ecocert depuis 2020
Le domaine a d’abord obtenu la certification HVE en 2019. Il s’est engagé en agriculture biologique le 1er juin 2020, sous le contrôle d’Ecocert. Ses fiches techniques suivent la conversion : les rouges 2021 et 2022 y sont encore « en conversion », le blanc 2023 et le rosé 2024 sont certifiés bio.
En 2026, l’Agence Bio recense les vins du domaine en bio. Une partie des raisins y figure encore en troisième année de conversion. Tout le vignoble n’a donc pas encore achevé son passage au bio.
Seigle, confusion sexuelle et préparations maison
Aucun désherbant chimique n’entre dans les vignes, travaillées à l’outil. L’hiver, des couverts végétaux remplacent les engrais. Le domaine a semé du trèfle, du petit pois et du seigle pour décompacter le sol, puis les a broyés et incorporés.
La propriété compte deux sites. Au Grand Bos, sur 10 hectares, le domaine a adopté la confusion sexuelle contre la cochylis et l’eudémis. Il souhaitait l’étendre à Portets, où le morcellement des parcelles complique la tâche.
Le domaine fabrique lui-même ses produits de traitement, hors bouillie bordelaise et soufre. Il s’appuie pour cela sur les principes de la biodynamie et sur les nombreuses plantes du site. Il implante aussi des cépages oubliés et des ruches. Il a lancé la fabrication de gîtes pour les chauves-souris, déjà très présentes dans le vignoble.
Au chai, un puits du XVIIe siècle et deux cents barriques
Un cuvier pour vinifier parcelle par parcelle
Le cuvier aligne des cuves en acier inoxydable de 40 à 140 hl. Cette gamme de volumes permet de vinifier par cépage et par parcelle. Toutes sont thermorégulées par des ceintures extérieures et munies de thermomètres de précision.
Le Grand Bos rouge est vendangé à la machine. Selon le millésime, il passe par une macération préfermentaire à froid ou une macération post-fermentaire. Après la fermentation malolactique, il descend en barriques de chêne français pour 12 mois. Pour le rouge 2019, l’œnologue était Steven Beall.
Le chai souterrain de 2005
Construit en 2005, le chai souterrain occupe 400 m² sous la cour. Un puits du XVIIe siècle le traverse avant d’atteindre 26 mètres de profondeur. Il y maintient une humidité relative élevée.
Le chai abrite 200 barriques. Chaque année, le domaine en renouvelle un tiers.

Des Graves rouges de garde et des blancs sans verdeur
Le Grand Bos rouge, trois étoiles au Guide Hachette
Le Grand Bos rouge provient des vieilles vignes et des meilleures grappes apportées au cuvier. Il s’élève en barriques de chêne merrain, neuves pour un tiers selon le domaine, à 45 % pour le 2019. Ses rouges ont une couleur vive, beaucoup de fruit, une sève et un bouquet prononcés. Le domaine les destine à une longue conservation.
Le Guide Hachette a donné une étoile au 2015 dans son édition 2019. Le 2019 a obtenu trois étoiles et un coup de cœur dans l’édition 2023. Le guide y goûte un assemblage de 48 % de Cabernet Sauvignon et 33 % de Merlot, complété de Malbec, de Petit Verdot et de Cabernet Franc, sur le pain grillé, la groseille et la mûre.
Le rouge 2017 figure aussi parmi les dix lauréats en Graves rouges du Trophée des Crus de Graves 2019.
Des blancs de Sémillon élevés en fût
Le Grand Bos blanc 2023 assemble 40 % de Sémillon avec du Sauvignon blanc, du Sauvignon gris et de la Muscadelle, à parts égales. Il fermente en fûts de chêne français, neufs à 20 %, puis s’élève 10 mois. Le domaine décrit des blancs sans verdeur, entre épices et grillé, cire d’abeille et fleur d’acacia.
Le blanc 2021 a reçu une étoile au Guide Hachette, dans l’édition 2024. La Vieille France, l’autre étiquette, assemble des jus de vieilles et de jeunes vignes. Son blanc réunit Sauvignon et Sémillon, avec un soupçon de Muscadelle, élevés en cuve.
Vins nature et micro-cuvées
Le domaine a lancé une gamme nature, en rouge et en blanc. Vendangés à la main, ces vins se font sans intrants : levures indigènes, aucun sulfite ajouté, ni collage ni filtration. Le Nature rouge 2023 assemble 80 % de Merlot et 20 % de Malbec. Le Nature blanc 2023 repose sur 80 % de Muscadelle.
Les micro-cuvées isolent un seul cépage, vinifié intégralement en barriques. La Cuvée de l’Oiseau est un Sauvignon gris, la Cuvée de la Grenouille un Petit Verdot, Le Lézard un Malbec. En 3 Temps réunit trois millésimes, trois cépages et trois élevages. Le rosé, lui, est un pur Cabernet Sauvignon.
Les Graves, entre Garonne et forêt de pins
Une appellation de rouges et de blancs depuis 1937
Castres-Gironde fait partie des communes de l’AOC Graves, reconnue par décret en 1937. L’appellation couvre les vins tranquilles rouges et blancs. Sa zone forme une bande d’environ dix kilomètres de large sur la rive gauche de la Garonne, du nord de Bordeaux au sud-est de Langon.
Son nom vient de ses sols : galets, cailloux et graviers, mêlés de sables, de limons et d’argiles. Très perméables, ils régulent fortement l’alimentation en eau de la vigne. En rouge, le Cabernet Sauvignon apporte arômes et structure, le Merlot parfum et souplesse.
Des vignes en clairière au bord des pins
À l’ouest, la forêt de pins protège le vignoble des intempéries et joue un rôle thermorégulateur. Vers la forêt, la vigne persiste dans des clairières, sur des croupes de graves. Le Grand Bos, cerné de bois, se revendique de ces vignobles de clairière.
L’essor des Graves date du Moyen Âge. Du XVIe au XVIIIe siècle s’y constituent de grands domaines, dont les vins portent déjà le nom de « vins de Graves ». Leur cote domine alors le marché jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.
Venir au Grand Bos
Une visite guidée toute l’année
Le domaine accueille les visiteurs toute l’année pour une visite guidée de la propriété. Elle commence par une balade dans les vignes, consacrée aux cépages cultivés. Elle se poursuit au chai de vinification, puis au chai d’élevage, où les vins mûrissent lentement en barriques de chêne.
Une dégustation de Graves rouges et blancs
La visite se conclut par une dégustation des vins rouges et blancs du domaine, en AOC Graves. Pour organiser une visite, le domaine demande de le contacter au préalable par téléphone.
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