Vue aérienne du Château du Grand Bos

Château du Grand Bos

Région viticole

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Bordeaux

BioEn conversion
Sommaire

Un cru de clairière entre Castres, Portets et Saint-Selve

Les Crozilhac, maîtres du Grand Bos jusqu’en 1830

Le Château du Grand Bos produit des vins bio en appellation Graves, à Castres-Gironde, au sud de Bordeaux. Ses vignes naissent à la charnière de trois communes : Castres, Portets et Saint-Selve. Le domaine se rattache au plus ancien vignoble de Bordeaux, planté depuis 2 000 ans, et se trouve près de l’ancienne voie romaine du Chemin Gallien.

Du XVIe siècle à 1830, la propriété appartient aux Crozilhac, bourgeois de Bordeaux et seigneurs de Lescaley et de Laguloup. L’un d’eux était curé de La Brède au temps de Montesquieu. Le Grand Bos figure sur la carte de Belleyme, au XVIIIe siècle. Les anciens Féret le classaient au premier rang des crus de la commune.

Une chartreuse autour d’une cour carrée

La demeure principale est une chartreuse à pavillon central des XVIIe et XVIIIe siècles. Lors d’une première rénovation, en 1771, ses communs sont agrandis et surhaussés. Deux ailes les répartissent de part et d’autre de la demeure et dessinent une cour carrée, fermée par une grille.

La première aile abrite le cuvier et le laboratoire d’analyses. La seconde accueille les celliers à bouteilles, la salle d’habillage et la salle d’accueil des visiteurs. Sous la cour, le domaine a construit un chai souterrain de 400 m².

L'entrée du Château du Grand Bos

Des arbres centenaires et vingt hectares de bois

Le domaine se décrit comme un vignoble de clairière typique des Graves. Des forêts de pins maritimes et de feuillus l’entourent : chênes, châtaigniers, acacias. Autour du site du Grand Bos, les bois couvrent 20 hectares.

Près des bâtiments poussent des arbres plusieurs fois centenaires. On y mesure un châtaignier de 3,60 m de circonférence et un tilleul de 3,20 m. Des chênes pédonculés approchent les 3 m, et des chênes-lièges atteignent 2,30 m de tour.

1988, la famille Vincent rallume un cru éteint

André Vincent, de Saint-Estèphe à Castres

En 1988, après la vente du château La Haye à Saint-Estèphe, André Vincent achète le Grand Bos. La propriété ne faisait plus de vin depuis 1950. Il restaure les bâtiments, plante, et acquiert de vieilles vignes sur la même veine de graves profondes.

Il rééquipe ensuite la propriété en matériel moderne. Les premières vendanges de cette renaissance ont lieu en 1992. En 2005, André Vincent transforme les anciennes caves souterraines, traversées par des puits du XVIIe siècle, en chai à barriques.

Marie Vincent-Rochet, puis Lou Rochet

En 2007, sa fille Marie Vincent-Rochet rejoint la propriété et prend la relève. Elle adopte des techniques de viticulture biologique et place la biodiversité au centre du vignoble.

En 2017, sa petite-fille Lou Rochet incarne la troisième génération. Elle est titulaire d’un Master 2 en chimie moléculaire et d’un mastère spécialisé « Manager de domaines viticoles », obtenus à l’université de Bordeaux. Elle oriente le domaine vers la certification bio et s’intéresse de près aux pratiques biodynamiques.

Vingt-trois hectares de graves passés en bio

Des graves profondes sur une assise calcaire

Le vignoble couvre 23 hectares : 18 en cépages rouges et 5 en cépages blancs. En rouge, le Merlot et le Cabernet Sauvignon sont presque à égalité, renforcés d’un peu de Petit Verdot et d’une pincée de Malbec. Le Cabernet Franc complète l’encépagement.

En blanc, le Sauvignon et le Sémillon se partagent les vignes dans la proportion d’un tiers pour deux tiers, avec un peu de Muscadelle. Le Sauvignon gris et le Sauvignon blanc y figurent tous deux.

Les vignes s’enracinent dans des graves caillouteuses, sur un sous-sol argilo-siliceux de 3 à 5 mètres, posé sur une assise calcaire tertiaire. La plupart sont plantées à 5 555 pieds par hectare, certaines jusqu’à 6 900. Quelques parcelles ont environ 70 ans.

Les vignes du Château du Grand Bos

Engagé en bio avec Ecocert depuis 2020

Le domaine a d’abord obtenu la certification HVE en 2019. Il s’est engagé en agriculture biologique le 1er juin 2020, sous le contrôle d’Ecocert. Ses fiches techniques suivent la conversion : les rouges 2021 et 2022 y sont encore « en conversion », le blanc 2023 et le rosé 2024 sont certifiés bio.

En 2026, l’Agence Bio recense les vins du domaine en bio. Une partie des raisins y figure encore en troisième année de conversion. Tout le vignoble n’a donc pas encore achevé son passage au bio.

Seigle, confusion sexuelle et préparations maison

Aucun désherbant chimique n’entre dans les vignes, travaillées à l’outil. L’hiver, des couverts végétaux remplacent les engrais. Le domaine a semé du trèfle, du petit pois et du seigle pour décompacter le sol, puis les a broyés et incorporés.

La propriété compte deux sites. Au Grand Bos, sur 10 hectares, le domaine a adopté la confusion sexuelle contre la cochylis et l’eudémis. Il souhaitait l’étendre à Portets, où le morcellement des parcelles complique la tâche.

Le domaine fabrique lui-même ses produits de traitement, hors bouillie bordelaise et soufre. Il s’appuie pour cela sur les principes de la biodynamie et sur les nombreuses plantes du site. Il implante aussi des cépages oubliés et des ruches. Il a lancé la fabrication de gîtes pour les chauves-souris, déjà très présentes dans le vignoble.

Au chai, un puits du XVIIe siècle et deux cents barriques

Un cuvier pour vinifier parcelle par parcelle

Le cuvier aligne des cuves en acier inoxydable de 40 à 140 hl. Cette gamme de volumes permet de vinifier par cépage et par parcelle. Toutes sont thermorégulées par des ceintures extérieures et munies de thermomètres de précision.

Le Grand Bos rouge est vendangé à la machine. Selon le millésime, il passe par une macération préfermentaire à froid ou une macération post-fermentaire. Après la fermentation malolactique, il descend en barriques de chêne français pour 12 mois. Pour le rouge 2019, l’œnologue était Steven Beall.

Le chai souterrain de 2005

Construit en 2005, le chai souterrain occupe 400 m² sous la cour. Un puits du XVIIe siècle le traverse avant d’atteindre 26 mètres de profondeur. Il y maintient une humidité relative élevée.

Le chai abrite 200 barriques. Chaque année, le domaine en renouvelle un tiers.

Les barriques du Château du Grand Bos

Des Graves rouges de garde et des blancs sans verdeur

Le Grand Bos rouge, trois étoiles au Guide Hachette

Le Grand Bos rouge provient des vieilles vignes et des meilleures grappes apportées au cuvier. Il s’élève en barriques de chêne merrain, neuves pour un tiers selon le domaine, à 45 % pour le 2019. Ses rouges ont une couleur vive, beaucoup de fruit, une sève et un bouquet prononcés. Le domaine les destine à une longue conservation.

Le Guide Hachette a donné une étoile au 2015 dans son édition 2019. Le 2019 a obtenu trois étoiles et un coup de cœur dans l’édition 2023. Le guide y goûte un assemblage de 48 % de Cabernet Sauvignon et 33 % de Merlot, complété de Malbec, de Petit Verdot et de Cabernet Franc, sur le pain grillé, la groseille et la mûre.

Le rouge 2017 figure aussi parmi les dix lauréats en Graves rouges du Trophée des Crus de Graves 2019.

Des blancs de Sémillon élevés en fût

Le Grand Bos blanc 2023 assemble 40 % de Sémillon avec du Sauvignon blanc, du Sauvignon gris et de la Muscadelle, à parts égales. Il fermente en fûts de chêne français, neufs à 20 %, puis s’élève 10 mois. Le domaine décrit des blancs sans verdeur, entre épices et grillé, cire d’abeille et fleur d’acacia.

Le blanc 2021 a reçu une étoile au Guide Hachette, dans l’édition 2024. La Vieille France, l’autre étiquette, assemble des jus de vieilles et de jeunes vignes. Son blanc réunit Sauvignon et Sémillon, avec un soupçon de Muscadelle, élevés en cuve.

Vins nature et micro-cuvées

Le domaine a lancé une gamme nature, en rouge et en blanc. Vendangés à la main, ces vins se font sans intrants : levures indigènes, aucun sulfite ajouté, ni collage ni filtration. Le Nature rouge 2023 assemble 80 % de Merlot et 20 % de Malbec. Le Nature blanc 2023 repose sur 80 % de Muscadelle.

Les micro-cuvées isolent un seul cépage, vinifié intégralement en barriques. La Cuvée de l’Oiseau est un Sauvignon gris, la Cuvée de la Grenouille un Petit Verdot, Le Lézard un Malbec. En 3 Temps réunit trois millésimes, trois cépages et trois élevages. Le rosé, lui, est un pur Cabernet Sauvignon.

Les Graves, entre Garonne et forêt de pins

Une appellation de rouges et de blancs depuis 1937

Castres-Gironde fait partie des communes de l’AOC Graves, reconnue par décret en 1937. L’appellation couvre les vins tranquilles rouges et blancs. Sa zone forme une bande d’environ dix kilomètres de large sur la rive gauche de la Garonne, du nord de Bordeaux au sud-est de Langon.

Son nom vient de ses sols : galets, cailloux et graviers, mêlés de sables, de limons et d’argiles. Très perméables, ils régulent fortement l’alimentation en eau de la vigne. En rouge, le Cabernet Sauvignon apporte arômes et structure, le Merlot parfum et souplesse.

Des vignes en clairière au bord des pins

À l’ouest, la forêt de pins protège le vignoble des intempéries et joue un rôle thermorégulateur. Vers la forêt, la vigne persiste dans des clairières, sur des croupes de graves. Le Grand Bos, cerné de bois, se revendique de ces vignobles de clairière.

L’essor des Graves date du Moyen Âge. Du XVIe au XVIIIe siècle s’y constituent de grands domaines, dont les vins portent déjà le nom de « vins de Graves ». Leur cote domine alors le marché jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

Venir au Grand Bos

Une visite guidée toute l’année

Le domaine accueille les visiteurs toute l’année pour une visite guidée de la propriété. Elle commence par une balade dans les vignes, consacrée aux cépages cultivés. Elle se poursuit au chai de vinification, puis au chai d’élevage, où les vins mûrissent lentement en barriques de chêne.

Une dégustation de Graves rouges et blancs

La visite se conclut par une dégustation des vins rouges et blancs du domaine, en AOC Graves. Pour organiser une visite, le domaine demande de le contacter au préalable par téléphone.

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Les autres domaines de la région Bordeaux

  • Château de Chainchon

    Le Château de Chainchon appartient à la même famille depuis 1846, sur un coteau de Castillon-la-Bataille qui domine la vallée de la Dordogne. Michelle et Patrick Érésué y conduisent depuis 1996 15 hectares de vignes engagés en bio depuis 2010, en Castillon-Côtes de Bordeaux. Le merlot y prend plusieurs formes, de la cuve inox à l’amphore de la cuvée Teha, coup de cœur du Guide Hachette 2023. Le château reçoit sur rendez-vous pour une visite d’une heure et demie, du coteau au chai.

  • Château La Grâce Fonrazade

    Le Château La Grâce Fonrazade n’avait plus produit de vin depuis 1985 quand François-Thomas Bon et Bénédicte Simonet l’ont racheté en 2010. Ses parcelles de Saint-Émilion Grand Cru, réparties autour du village, mêlent graves fines, sables et argiles calcaires, à dominante de merlot. Engagé en bio depuis 2013, le domaine vinifie dans un chai reconstruit la même année et autonome en chauffage. Il signe aussi un bordeaux blanc de sauvignon gris, et son grand cru 2022 a reçu deux étoiles au Guide Hachette 2026.

  • Château de Chelivette

    Le Château de Chelivette, à Sainte-Eulalie, est l’une des plus anciennes propriétés viticoles de Gironde, aux mains des Jésuites de 1626 à 1764. Venus de la finance à Londres, Florence et Jacques Borel la reprennent en 2014 et la conduisent en biodynamie, certifiée Demeter depuis 2019. Sur 30 hectares, une douzaine d’hectares de vigne côtoient prairies, verger, potager, ruches et moutons. Le domaine signe des Bordeaux supérieur, un Cadillac Côtes de Bordeaux et des cuvées élevées en amphore.

  • Château Vieux Chevrol

    Le Château Vieux Chevrol cultive 34 hectares sur le plateau de Néac, commune du nord de l’appellation Lalande-de-Pomerol qui eut sa propre AOC avant de la rejoindre en 1954. Venue d’Auvergne par le négoce en 1921, la famille Champseix en est à sa troisième génération avec Michel, ingénieur agronome et œnologue arrivé en 2013. Il a converti tout le vignoble en bio dès 2015, deux ans après sa première vinification. Le domaine produit un seul vin rouge, à 80 % de merlot, élevé douze mois en demi-muids de 600 litres.

  • Château Paloumey

    Le Château Paloumey cultive 37 hectares en Haut-Médoc, sur les graves de Ludon-Médoc et de Cussac-Fort-Médoc. Arraché au XXe siècle, son vignoble a été replanté à partir de 1990 par Martine Cazeneuve, sur une propriété qui n’avait plus un pied de vigne. Son fils Pierre, ingénieur agronome, l’a engagé en bio dès 2016 et y plante des lignes d’arbres depuis 2021. Classé Cru Bourgeois Exceptionnel en février 2025, le château ouvre aussi son chai aux visiteurs.

  • Château Gadet Terrefort

    Le Château Gadet Terrefort est un cru artisan du Médoc fondé en 1921 à Gaillan-en-Médoc et tenu aujourd’hui par Anaïs Bernard, troisième génération. Ses 30 hectares de vignes se partagent entre les sables graveleux de Gaillan et les argilo-calcaires d’Ordonnac, au bord de l’estuaire. Engagé en bio en 2019, le domaine est entièrement conduit en agriculture biologique depuis 2023. Une cinquantaine de vaches limousines fournissent le fumier des vignes, et la scierie familiale taille les piquets d’acacia du palissage.

  • Château Bastor-Lamontagne

    Le Château Bastor-Lamontagne cultive 50 hectares de vignes d’un seul tenant à Preignac, dans l’appellation Sauternes, sur la deuxième terrasse de la Garonne. Engagé en bio en 2010, le vignoble est entièrement certifié depuis 2016, planté de 80 % de sémillon et de 20 % de sauvignon. Ancienne propriété royale passée par les Larrieu de Haut-Brion puis par le Crédit Foncier, il appartient depuis 2018 à la famille Helfrich. Ses Sauternes, fermentés en barriques neuves, misent sur le fruit, la fraîcheur et un sucre modéré.

  • Château Fougas

    Le Château Fougas cultive 22 hectares en Côtes de Bourg, sur un plateau de Lansac où des argiles bleues reposent sur la molasse du Fronsadais. Racheté en 1976 par Jean-Yves Béchet, qui le tient avec Michèle Béchet, il est certifié en biodynamie depuis 2010 et porte le label Demeter. Ses rouges à dominante de merlot, de Maldoror à Forces de Vie, cherchent « la violette plutôt que le goudron ». Premier à pratiquer la location de pieds de vigne, le château invite ses locataires à vendanger leur propre millésime.

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