Cépage blanc
Sauvignon
Buis, bourgeon de cassis et pierre à fusil : le blanc vif de Sancerre et de Pouilly-Fumé.
81 domaines bio du site cultivent le SauvignonSommaire
Le blanc fumé des coteaux de la Loire
À maturité, les grains du cépage Sauvignon se voilent d’une pruine grise, comme d’une fumée. À Pouilly, au bord de la Loire, on en a tiré le surnom de « blanc fumé », resté sur l’étiquette : le Pouilly-Fumé ne connaît que lui, tandis que le Chasselas du même coteau garde le nom de Pouilly-sur-Loire. Fils du Savagnin, il a lui-même engendré le Cabernet Sauvignon en se croisant avec le Cabernet franc.
Terres blanches, caillottes et silex
Toute proche, Sancerre ne fait ses blancs qu’avec lui, sur des pentes qui dépassent parfois 50 %. On y distingue trois terres, que le vin raconte. Les terres blanches, des marnes pleines de petites huîtres fossiles, donnent les vins les plus amples, et les caillottes calcaires des vins plus légers, plus floraux. Les argiles à silex livrent des blancs fermes, où l’on cherche une odeur de pierre à fusil.
De Quincy à la Touraine, presque toujours seul
Le cépage tient tout le Centre-Loire, de Menetou-Salon à Quincy, dont les sables chauds font mûrir le raisin plus tôt qu’ailleurs dans le Cher. Il gagne ensuite l’est de la Touraine, qui en fait le cépage principal de ses blancs. Sur une étiquette du Val de Loire, ces appellations désignent donc un Sauvignon.
Loin du fleuve, le Languedoc-Roussillon en compte près de 8 800 hectares et continue d’en planter, si bien que le Sauvignon est devenu le septième cépage de France.
Buis, bourgeon de cassis, pamplemousse : un parfum caché dans le grain
La levure réveille ce que le raisin retient
Le raisin du Sauvignon garde l’essentiel de son parfum sous une forme inodore, dans la pulpe et la peau. La levure le libère à la fermentation sous forme de thiols, des molécules soufrées. La première évoque le bourgeon de cassis et le buis : on la perçoit à des doses infimes, et seule une poignée d’autres cépages en produisent. Deux autres apportent le pamplemousse et le fruit de la passion.
Le jour de la vendange choisit le style
À la véraison, la baie porte déjà de quoi faire le buis, alors que les précurseurs des agrumes s’accumulent ensuite, jusqu’à la récolte. Cueilli tôt, le raisin donne donc un vin de Sauvignon plus végétal ; mûr, il penche vers le pamplemousse et les fruits exotiques.
Le poivron vert vient d’une autre molécule, que le soleil détruit : il marque les grappes restées à l’ombre et trahit surtout un raisin qui n’a pas assez mûri.
Une vigne fougueuse, que le cuivre gêne
Trop de feuilles et des grappes serrées
Le Sauvignon pousse avec une vigueur qu’il faut contenir. On lui choisit des sols pauvres et des porte-greffes faibles, et on le palisse avec soin pour que la lumière atteigne les grappes. À Quincy, la maigreur des sables sert à brider cette exubérance. Ses grappes petites et serrées l’exposent à la pourriture grise, et il craint l’oïdium comme les maladies du bois. Le mildiou, en revanche, le touche peu.
Pourquoi un vigneron bio épargne ses grappes
Ce dernier point compte pour qui cultive un Sauvignon bio : contre le mildiou, la viticulture biologique s’en remet surtout au cuivre, et le cuivre abîme justement son parfum. Des essais menés en Gironde l’ont montré : une seule pulvérisation de bouillie bordelaise entre la fermeture de la grappe et la véraison fait nettement baisser la molécule du buis dans le vin.
Les résidus de cuivre piègent en effet les thiols pendant la fermentation. Quand le traitement vise le feuillage plutôt que les grappes, le moût n’en garde guère, et le vin conserve son arôme.
Avec le Sémillon, des blancs secs de Bordeaux au Sauternes
Le bouquet de l’assemblage bordelais
Dans le Bordelais, le Sauvignon occupe près de la moitié des vignes blanches, au coude-à-coude avec le Sémillon. Le premier apporte la vivacité et le bouquet, le second le gras et la texture. Les blancs de Pessac-Léognan, surtout faits des deux, prennent avec l’âge des notes de tilleul et de genêt. Le même couple se retrouve à Bergerac, dans le Sud-Ouest.
Une pourriture devenue noble, et un cousin à peau rose
La pourriture noble, due au même champignon que celle qui ruine un Sauvignon sec, fait au contraire la richesse du Sauternes. Au bord du Ciron, l’humidité de la nuit puis le vent du jour installent ce champignon, qui dessèche les grains, que les vendangeurs cueillent en plusieurs passages. Le Sémillon y domine, mais le Sauvignon reste dans l’encépagement pour son parfum.
Le Sauvignon gris, appelé Fié gris en Touraine, y figure aussi. C’est une mutation du Sauvignon dont les grains rosissent en mûrissant : les cahiers des charges le nomment à part, et la Loire le cantonne à l’appoint.
Un crottin de Chavignol, un brochet en sauce ou un foie gras
Les blancs secs, avec le chèvre et les poissons de rivière
Le crottin de Chavignol est l’accord classique d’un Sancerre ou d’un Pouilly-Fumé : la vivacité du vin tranche le gras du chèvre, et ses notes d’agrumes répondent à la pointe acidulée du fromage. Les fruits de mer, un poisson fumé ou un brochet en sauce leur vont aussi. Servis autour de 12 °C, ces vins se boivent dans leurs cinq premières années, quand le buis et le pamplemousse restent nets.
Le Sauternes, du foie gras au roquefort
Un Sauternes se sert plus froid, vers 8 ou 9 °C. Il accompagne une terrine de foie gras, mais aussi un roquefort, dont le sel trouve dans le sucre du vin son contrepoids, ou une tarte aux fruits. Il se garde vingt ans et davantage.
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Les régions du Sauvignon
Souvent assemblé avec
- Sémillon
- Muscadelle
- Sauvignon gris
- Colombard
- Ugni blanc
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