Rangs de Merlot sur le plateau de graves de Pomerol, un clocher au loin

Cépage noir

Merlot

Rond, coloré, aux tanins souples : le cépage roi de Pomerol et de Saint-Émilion.

100 domaines bio du site cultivent le Merlot
Sommaire

Un Bordelais dont on a longtemps ignoré la mère

Un vieux cep retrouvé dans un fourré, près de Saint-Malo

Pendant des siècles, on ne connaissait au Merlot qu’un seul parent, le Cabernet franc. L’autre a refait surface par hasard en 1996, au bord de la Rance, sous la forme d’un vieux cep perdu dans un fourré de Saint-Suliac, que les généticiens de Montpellier ne retrouvaient dans aucune collection.

Des pieds identiques ont ensuite été repérés en Charente, où on les appelait « Magdeleine » parce qu’ils mûrissaient vers la Sainte-Madeleine, à la fin de juillet. Cette vigne de treille, la Magdeleine noire des Charentes, est la mère du Merlot. Par elle, il est le demi-frère du Malbec ; par son père, celui du Cabernet Sauvignon. Une famille qu’on retrouve aujourd’hui réunie dans les mêmes bouteilles de Bordeaux.

Un second rôle qui a pris la tête après le phylloxéra

Planté à Pomerol dès le milieu du XVIIIe siècle, il est longtemps resté derrière les Cabernets et le Malbec. Sa floraison capricieuse ne l’aidait pas : une partie des fleurs ne nouait pas, et la récolte variait beaucoup d’une année à l’autre. Le greffage imposé par le phylloxéra a régularisé ses rendements, si bien que les replantations de la fin du XIXe siècle l’ont installé en tête du Libournais.

Son nom viendrait du merle, dont les plumes sont aussi noires que ses baies, sans que rien ne le prouve.

De Pomerol au Pays d’Oc, un cépage qui a beaucoup voyagé

Maître de la rive droite, second dans le Médoc

Le Merlot occupe environ 60 % du vignoble girondin, et près des trois quarts à Saint-Émilion. Dans le Bordelais, il règne sur le Libournais, autour de Pomerol et de Saint-Émilion, tandis que le Médoc et les Graves, dont les graviers chauds conviennent mieux au Cabernet Sauvignon, le relèguent au second plan.

Il a aussi gagné le Sud-Ouest, où il reste le premier cépage rouge de Bergerac, et le Languedoc. Dans l’Aude, la Malepère lui réserve au moins la moitié de ses vignes rouges, et le Cabardès le marie à la Syrah et au Grenache, en lui confiant les parcelles les plus fraîches. C’est enfin le vin de cépage rouge le plus produit en IGP Pays d’Oc.

Une place qui se réduit

Longtemps premier cépage de France, seul à dépasser les 100 000 hectares, il a perdu plus d’un cinquième de sa surface entre 2021 et 2024 et cédé la première place à l’Ugni blanc. Les vignerons l’arrachent faute de débouchés, mais aussi parce que le climat ne lui convient plus partout. Le Languedoc prévoit d’en arracher plus que de tout autre cépage d’ici 2028.

Un cépage pressé, que guettent le gel et le mildiou

Ce que sa précocité lui coûte

Le Merlot débourre tôt, et ses bourgeons à peine sortis redoutent les gelées de printemps, puis mûrit tôt, ce qui faisait sa force sous le climat océanique de Bordeaux. Avec des étés plus chauds, il file vers la surmaturité : plus de sucre, donc plus d’alcool, et moins de fraîcheur dans le verre. L’appellation Bordeaux a d’ailleurs admis en 2021 quelques cépages d’adaptation, comme le Marselan ou la Touriga nacional, en petite proportion.

Il aime les sols argilo-calcaires et les graves argileuses de Pomerol, qui gardent une réserve d’eau en été, car les fortes sécheresses lui réussissent mal.

Le mildiou, son souci majeur en bio

Peu de cépages craignent autant le mildiou, qui s’attaque chez lui aux fleurs puis aux grappes et ampute directement la récolte. En bio, la protection repose sur le cuivre, un produit de contact que la pluie lave : le vigneron doit donc repasser après chaque averse, au bon moment.

Il a en revanche ses points forts. L’oïdium l’épargne largement, et les maladies du bois le touchent peu, ce qui permet de garder longtemps les mêmes ceps.

Rondeur, fruit et tanins souples

Le reconnaître dans le verre

C’est d’abord la rondeur qui le trahit. Riche en sucre, le raisin donne des rouges colorés et chaleureux, assez peu acides, dont les tanins restent souples. Jeune, il sent les fruits rouges et noirs, parfois la violette ; avec l’âge viennent le pruneau, le sous-bois, le cuir et les épices, jusqu’à la truffe dans les Pomerol, qui se gardent de 7 à 20 ans.

Pour le goûter presque seul, cherchez un Pomerol ou un Saint-Émilion, où il domine, ou un vin de cépage du Pays d’Oc, qui affiche son nom sur l’étiquette. Il entre aussi dans les clairets de Bordeaux, d’un rose soutenu, et dans le claret, un rouge clair et peu tannique à boire jeune.

Le liant des assemblages

En appellation, il se boit pourtant rarement seul. À Bordeaux, il apporte la chair et le fruit, quand les Cabernets donnent la charpente qui permet de vieillir. Un vin de la rive droite, où il domine, se montre en général plus souple dans sa jeunesse qu’un Médoc, que le Cabernet Sauvignon rend plus ferme. À Bergerac, le même mariage donne des rouges un peu austères au départ, qui gagnent à attendre quelques années.

Avec une côte de bœuf, un magret ou des champignons

Les Merlot jeunes et le claret

Ses tanins fondus accompagnent une côte de bœuf grillée sans la durcir, et un magret de canard rosé lui va tout aussi bien, le gras du canard répondant à la rondeur du vin. Le claret, servi frais, se contente d’une assiette de charcuterie.

Les vieux Pomerol et Saint-Émilion

Marqués par le sous-bois et la truffe, ils appellent des plats plus profonds : un tournedos au beurre de truffe, une tourte de faisan ou des tagliatelles aux champignons, qui prolongent leurs arômes. Côté fromages, un saint-nectaire ou une mimolette. On les sert entre 17 et 18 °C.

Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque cépage, n’hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.

Les régions du Merlot

Souvent assemblé avec

Les domaines bio qui cultivent le Merlot

  • Château La Dournie

    Propriété de la famille Etienne depuis six générations, le Château La Dournie cultive 45 hectares d’un seul tenant à Saint-Chinian, dans l’Hérault. Ses 20 hectares de coteaux de schiste donnent les rouges et rosés d’appellation, ses sols d’alluvions en bord de rivière les vins de pays. Engagé en agriculture biologique depuis 2014, le domaine cultive 14 cépages et vinifie en intervenant le moins possible. Sa cuvée Sous le figuier 2022 a reçu une étoile au Guide Hachette des Vins 2026.

  • Château de Beaumel

    Repris en 2015 par Brigitte et Daniel Caille, le Château de Beaumel cultive 30 hectares de vignes autour d’une bastide du XVIIe siècle, à Gonfaron dans le Var. Engagé en bio en 2021, il est certifié en agriculture biologique à partir du millésime 2024. Sur une terre rouge façonnée au Permien, il a remis en culture le Tibouren, à côté de huit autres cépages. Ses AOP Côtes de Provence et IGP Var vont des rosés vendangés de nuit à une Syrah élevée en barrique.

  • Domaine de Grimardy

    Repris en juillet 2021 par Sophie Der Mikaélian et Gaël Valet, le Domaine de Grimardy cultive 10 hectares à Montazeau, dans l’appellation Montravel. Ses sols argilo-calcaires à huîtres fossilisées portent 75 % de vieilles vignes, dont des sémillons de 70 et 80 ans. Engagé en agriculture biologique en 2010 et certifié depuis le millésime 2013, le domaine est conduit en agroécologie depuis 2021. Son Bergerac rouge Nucléus, nommé d’après un silex taillé par Cro-Magnon, a reçu une médaille d’or à Mâcon en 2025.

  • Vignobles Arbeau

    Vignerons et négociants à Labastide-Saint-Pierre depuis 1878, les Vignobles Arbeau sont aujourd’hui dirigés par Anne et Géraud Arbeau, quatrième génération. Leur vignoble, le Château Coutinel, compte 52 hectares en AOP Fronton, sur des boulbènes, des graves et des sables. Engagé en bio en 2017, il est certifié à partir du millésime 2021, deux ans après la structure de négoce. La famille y cultive la négrette et signe aussi des vins de cépage en Vin de France.

  • Domaine de Lafage

    À Montpezat-de-Quercy, le Domaine de Lafage est une ferme où Kévin Barbet conduit environ 12 hectares de vignes en AOC Coteaux du Quercy depuis 2015. Engagée en bio depuis 1995, la ferme pratique la biodynamie depuis 1992 avec le compost de ses vaches Salers et blondes d’Aquitaine. Depuis 2021, Kévin y est fermier de la foncière Terre de Liens, qui a racheté les terres à Bernard Bouyssou. La gamme va des vins de soif légers aux rouges de garde de cabernet franc et de tannat.

  • Grande Maison

    Installée dans une maison forte du XIVe siècle, sur un coteau plein sud de Monbazillac, La Grande Maison cultive 14 hectares face à la Dordogne et à Bergerac. Engagé en agriculture biologique depuis 1995, le domaine est certifié Demeter à partir de la récolte 2018. Repris en 2012 par Jean-Louis et Benjamin Chabrol, il attend le botrytis pour ses monbazillac, de la Cuvée des Anges à la Cuvée des Monstres. Il produit aussi des Bergerac blancs secs, rosé et rouges, à déguster sur place.

  • Domaine Sergent

    À Maumusson-Laguian, dans le Gers, la famille Dousseau conduit le Domaine Sergent depuis 1902, et les sœurs Brigitte et Corinne le dirigent depuis 1995. Leurs 23 hectares de vignes, sur un coteau plein sud, sont certifiés en agriculture biologique et HVE niveau 3. En Madiran et Pacherenc-du-Vic-Bilh, elles signent des vins guidés par la fraîcheur, du pur Tannat Eucalyptus au VinO2 labellisé Bleu Tannat. Élues vigneronnes de l’année pour le Sud-Ouest par le Guide Hachette 2021, elles font aussi visiter leurs chais à la lueur d’une torche.

  • Le Clos d’un Jour

    Installés en 1999 à Duravel, Véronique et Stéphane Azémar ont quitté la banlieue parisienne pour reprendre une petite vigne, rebaptisée Le Clos d’un Jour. Le domaine cultive aujourd’hui 7 hectares de malbec et de merlot sur la troisième terrasse du Lot, en agriculture biologique depuis 2009. Ses trois rouges d’AOC Cahors s’élèvent en cuve de béton, en fût de chêne ou en jarres de terre cuite. Seule aux commandes depuis 2017, Véronique Azémar a été désignée vigneronne de l’année pour le Sud-Ouest par le Guide Hachette 2025.

  • Domaine Les Vignobles

    Vigneron de père en fils, Thierry Mouello cultive 11 hectares de vignes à Saint-Géraud-de-Corps et Monfaucon, en Dordogne. Le Domaine Les Vignobles produit des vins en AOC Bergerac et en IGP Périgord, du Sauvignon sec aux deux bulles de méthode traditionnelle. Engagé en conversion bio le 15 août 2021, il a vu son blanc sec, son rosé et ses rouges 2025 certifiés bio par Ecocert. À la vigne comme au chai, il détaille ses gestes : épamprage à la main, rosé de saignée, rouges sans collage.

  • Domaine du Haut Montlong

    Né d’un métayage de 6 hectares en 1925, le Domaine du Haut Montlong s’étend aujourd’hui sur 75 hectares à Pomport, en Dordogne. Laurence et Philippe Métifet l’ont racheté en 2017 pour le convertir à l’agriculture biologique, certifiée en 2020. Le domaine produit du Monbazillac, du Bergerac et du Côtes de Bergerac, plus une gamme libre en Vin de France. On y vient pour une dégustation, une visite des appellations ou un escape game autour du vin.

  • Clos Cavenac

    Créé en 2003 par Emmanuelle Piovesan et Thierry Heydon sur un vignoble familial jusque-là vinifié en coopérative, le Clos Cavenac compte 10 hectares en AOP Côtes du Marmandais. Ses vignes occupent les coteaux et plateaux argilo-calcaires de la rive droite de la Garonne, à Lagupie et Castelnau-sur-Gupie. Engagé en agriculture biologique depuis 2009, le domaine cultive sept cépages rouges, dont l’abouriou propre au Marmandais. Il signe huit cuvées, dont le Grand Cros, coup de cœur du Guide Hachette 2021 pour son millésime 2018.

  • Château Tour des Gendres

    Créé en 1981 par Luc de Conti à Ribagnac, le Château Tour des Gendres est dirigé depuis 2022 par ses enfants, Gilles et Margaux de Conti. Ses 30 hectares d’un seul tenant, entourés de chênes truffiers, sont conduits en agriculture biologique depuis 1996 et certifiés depuis 2009. En 2017, la fratrie y a planté du Savagnin, un cépage du Jura encore absent du vignoble de Bergerac. Les neuf cuvées sont élevées en cuve ou en foudres de 30 hl, jamais en barrique.

Vous cultivez le Merlot en bio ? Référencez gratuitement votre domaine

Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.

Référencer mon domaine