Rangs de vigne sur une croupe de graves du Médoc, au-dessus de l’estuaire de la Gironde

Cépage noir

Cabernet Sauvignon

Il règne sur les graves du Médoc et donne des rouges taillés pour vingt ans de cave.

92 domaines bio du site cultivent le Cabernet Sauvignon
Sommaire

Poivron vert ou cassis, un verdict rendu à la vendange

Une odeur que le soleil efface

Un rouge de Bordeaux qui sent le poivron vert passe là-bas pour un vin de raisins cueillis trop tôt, quand d’autres y voient la signature du cépage Cabernet Sauvignon. C’est dans ses baies que la molécule en cause, une méthoxypyrazine, a été trouvée pour la première fois dans du raisin, et le nez la perçoit à très faible dose.

Elle s’accumule après la floraison, culmine avant la véraison, puis la lumière et la chaleur la détruisent, au point que le raisin en perd plus de 96 % en mûrissant. Le vigneron effeuille donc autour des grappes avant la véraison et attend la pleine maturité, plus sereinement sur des graves, qui en laissent moins que les limons argileux.

Un cépage tardif que les étés chauds ont servi

Cette attente n’a jamais été simple. Il débourre tard et se vendange en Gironde 7 à 12 jours après le Merlot, si bien qu’il y a une vingtaine d’années, des vignerons du Médoc le voyaient encore peiner à mûrir certaines années.

Le réchauffement a renversé la situation. Leurs Cabernet Sauvignon mûrissent désormais sans goût végétal, avec un peu moins de sucre que le Merlot, donc moins d’alcool, et une acidité qui tient même par temps chaud et sec. Là où le Merlot frôle la surmaturité, c’est lui qui garde la fraîcheur de l’assemblage.

Sur les galets de la Garonne, la charpente du Médoc

Des buttes de graviers qui chauffent tôt

Sa réputation s’est faite sur la rive gauche du Bordelais, en Médoc et dans les Graves, où la Garonne a laissé des terrasses de sable, de graviers et de galets de quartz, découpées en buttes qu’on appelle des croupes. La pluie les traverse vite et le sol se réchauffe tôt, ce dont un raisin aussi tardif a besoin.

Il couvre près de six vignes sur dix à Margaux et domine les assemblages de Pauillac et de Saint-Estèphe, alors qu’il n’occupe que 22 % des vignes rouges de l’ensemble du Bordelais.

Ce qu’annonce une étiquette de la rive gauche

Un Pauillac ou un Margaux promet un vin bâti sur lui, mais jamais sur lui seul : à Bordeaux, on ne le vinifie pas sans compagnie, parce qu’il manque de gras et de rondeur. Il apporte la charpente et des notes épicées, que le Merlot enrobe de fruits rouges, tandis que le Petit Verdot rafraîchit les années très mûres.

Certains grands Pauillac en contiennent pourtant plus de 90 %. Dans le monde, il couvrait en 2015 quelque 341 000 hectares, plus qu’aucun autre raisin de cuve.

Vidure, une « vigne dure » à tailler comme à soigner

Petites grappes, peau épaisse et sarments coriaces

En Aquitaine, on l’a longtemps appelé Vidure, peut-être pour « vigne dure ». Le surnom lui va : ses sarments durs ralentissent la taille, et cette souche vigoureuse allonge tant ses rameaux qu’il faut la palisser avec soin.

Ses petites grappes portent des baies à la peau épaisse, ce qui le rend moins sensible que d’autres à la pourriture grise et lui fait donner des vins à la couleur soutenue, chargés en tanins.

L’oïdium au printemps, l’esca toute l’année

Sa grande faiblesse reste l’oïdium. Sur un Cabernet Sauvignon bio, on le combat au soufre, dont l’effet ne dure pas plus de dix jours : il faut donc le renouveler souvent, du stade deux ou trois feuilles au moment où les grappes se ferment.

L’esca et l’eutypiose, deux maladies du bois, le frappent durement et font mourir des ceps avant l’âge. Depuis que l’arsénite de soude, seul remède efficace, a quitté le marché, le sécateur protège la souche : on évite les grosses plaies et l’on fait passer la sève par le même chemin d’une taille à la suivante.

Du rosé d’Anjou aux rouges de Buzet

En Anjou, un rosé tendre

Sur les bords de la Loire, il s’associe au Cabernet franc pour donner un rosé, le Cabernet d’Anjou, qui garde au moins 10 grammes de sucre par litre. On y croise la groseille, la framboise, et parfois une nuance de poivron, celle-là même dont Bordeaux se méfie.

Un appoint de charpente, de Madiran à la Provence

Dans le Sud-Ouest, Buzet le compte parmi ses cépages principaux et en tire, quand il domine, des rouges corsés. À Madiran, il reste un appoint du Tannat. En Provence, il épaule le Grenache et la Syrah sans prendre la main : les Baux-de-Provence le plafonnent à 20 %.

Du cassis de la jeunesse à la mine de crayon

Serré au départ, il s’ouvre avec les années

Jeune, un vin dominé par le Cabernet Sauvignon se reconnaît à sa robe sombre, à son nez de cassis relevé de réglisse et à sa finale légèrement mentholée, tandis que ses tanins vigoureux serrent d’abord le palais.

Le temps les assouplit. Un Pauillac se garde de 10 à 20 ans, et c’est avec l’attente que viennent le cèdre, le tabac, le cuir, puis le graphite, cette odeur de mine de crayon qu’il livre sur ses meilleures graves.

Une entrecôte marchand de vin, un gibier ou un canard à l’orange

Ses tanins réclament une viande qui leur tienne tête : une entrecôte marchand de vin ou un carré d’agneau rosé, dont la mâche adoucit un vin encore jeune. Un vieux Pauillac, plus fondu, rejoint plutôt un gibier en sauce ou une fricassée de champignons, servi entre 17 et 18 °C.

Le Cabernet d’Anjou se boit plus frais, entre 8 et 10 °C, avec un canard à l’orange ou une tarte aux framboises, dont il prolonge le fruit.

Vous avez repéré une erreur ou une information manquante ? Parce que nous souhaitons présenter des informations fiables et à jour sur chaque cépage, n’hésitez pas à nous le signaler via le formulaire de contact.

Souvent assemblé avec

Les domaines bio qui cultivent le Cabernet Sauvignon

  • Château de Passavant

    Le Château de Passavant occupe une place forte bâtie par Foulques Nerra au début du XIe siècle, à la source du Layon, en Anjou. La famille qui l’a acheté en 1900 y cultive 56 hectares de vignes, en bio depuis 1998 et certifiées Demeter depuis 2011. Depuis 2021, 52 brebis charmoises pâturent les rangs en automne et en hiver, aux côtés de 10 ruches. Sur les schistes, Chenin, Cabernet Franc et Grolleau noir donnent sept appellations et des cuvées sans sulfites ajoutés.

  • La Jasse Castel

    Fondé en 1997 par Pascale Rivière, ancienne journaliste devenue vigneronne, le domaine La Jasse Castel doit son nom à une bergerie du XVIIe siècle qui domine la vallée de l’Hérault. Ses premières vignes, à 400 mètres sur le causse, sont les plus hautes de Montpeyroux. Conduit en agriculture biologique depuis 2008, son vignoble de 11 hectares est vendangé à la main et de nuit. La gamme compte neuf vins, des Terrasses du Larzac à une cartagène, dont deux rouges médaillés d’or au Challenge Millésime Bio.

  • Clau de Nell

    Le Clau de Nell cultive 12 hectares d’un seul tenant à Ambillou-Château (Anjou), sur des sables, argiles et silex posés sur le tuffeau. Conduit en biodynamie depuis 2000, il est racheté en 2008 par Anne-Claude Leflaive et Christian Jacques, avec Sylvain Potin comme régisseur dès 2009. Certifiés Demeter et Biodyvin, les vins sont élevés en pièces bourguignonnes dans des caves troglodytiques. La gamme compte cinq cuvées en AOC Anjou, IGP Val de Loire et Vin de France, du Grolleau centenaire au Blanc de Noir.

  • Château La Dournie

    Propriété de la famille Etienne depuis six générations, le Château La Dournie cultive 45 hectares d’un seul tenant à Saint-Chinian, dans l’Hérault. Ses 20 hectares de coteaux de schiste donnent les rouges et rosés d’appellation, ses sols d’alluvions en bord de rivière les vins de pays. Engagé en agriculture biologique depuis 2014, le domaine cultive 14 cépages et vinifie en intervenant le moins possible. Sa cuvée Sous le figuier 2022 a reçu une étoile au Guide Hachette des Vins 2026.

  • Château de L’Ou

    Au lieu-dit L’Ou, « l’œuf » en catalan, Séverine et Philippe Bourrier conduisent le Château de L’Ou en agriculture biologique depuis 1998, à Montescot. Le domaine couvre 50 hectares sur quatre terroirs, des marnes alluvionnaires de la plaine aux schistes de Maury et de la haute vallée de l’Agly. La Syrah y passe en barriques de 300 litres, les Grenaches en jarres, en œufs de terre cuite ou en foudre rotatif. Le Château de L’Ou rouge 2020 a obtenu deux étoiles dans le Guide Hachette 2023.

  • La Grange de Quatre Sous

    Arrivée de Suisse en 1983, Hildegard Horat a créé La Grange de Quatre Sous au sud d’Assignan, en bordure de l’ancienne voie romaine. Le vignoble de 8 hectares, engagé en bio depuis 2000, est conduit en lyre sur un plateau à 300 mètres. Elle a choisi l’IGP Pays d’Oc pour planter Malbec, Cabernets et Viognier, plus une Petite Arvine valaisanne. Ses huit cuvées fermentent en levures indigènes, et les rouges de garde s’élèvent 30 mois sans filtration.

  • Château La Tour de l’Évêque

    Ancienne résidence d’été des évêques de Toulon, le Château la Tour de l’Évêque appartient à la famille Sumeire depuis 1958, près de Pierrefeu-du-Var. Ses 78 hectares de vignes poussent sur les schistes et le grès rouge du permien, en AOP Côtes de Provence. Engagé en bio depuis 2005, le domaine adhère à Biodyvin et vinifie par gravité dans un chai opérationnel depuis 2011. Il élabore le Pétale de Rose, un rosé pâle né en 1985 d’une idée de Régine Sumeire.

  • Château La Martinette

    Entre Lorgues et Le Thoronet, le Château La Martinette fait remonter son histoire à 1620, mais ses premières vignes datent des années 1920-1930. Repris en 2011, il cultive 50 hectares de vignes en AOP Côtes de Provence, dans une propriété de 400 hectares traversée par l’Argens. Certifié en agriculture biologique depuis 2020, le domaine expérimente des pratiques biodynamiques sur une dizaine d’hectares. Son chai gravitaire de 2019, bâti en restanques, élève trois gammes : Rollier, Château et les Parcellaires.

  • Bastide Castel d’Aille

    Domaine du XVIIIe siècle à Vidauban, la Bastide Castel d’Aille appartient à la famille Rosé, qui signe le Rosé, le Blanc et le Rouge des Rosé. Ses 9 hectares se trouvent dans la Réserve naturelle nationale de la Plaine des Maures, sur des schistes, des sables, des pélites rouges et d’anciennes terrasses de l’Aille. Certifié HVE niveau 3 en 2020, le domaine s’est engagé en agriculture biologique en 2021. Son rosé AOP Côtes de Provence a reçu l’or au concours international des produits biologiques en 2023.

  • Domaine Haute Perche

    Créé en 1966 par la famille Papin et repris en 2019 par Thierry Denjean, le Domaine de Haute Perche cultive ses vignes à Saint-Melaine-sur-Aubance, près d’Angers. Ses trois îlots reposent sur les schistes rouges, verts, ocres et bleus de l’Anjou Noir. Engagé en agriculture biologique en 2016, il travaille en biodynamie et porte la certification Demeter depuis 2022. Le chenin y donne des blancs secs, des Coteaux de l’Aubance moelleux et des crémants, aux côtés de rouges d’Anjou Brissac en cabernet franc.

  • Domaine de Grimardy

    Repris en juillet 2021 par Sophie Der Mikaélian et Gaël Valet, le Domaine de Grimardy cultive 10 hectares à Montazeau, dans l’appellation Montravel. Ses sols argilo-calcaires à huîtres fossilisées portent 75 % de vieilles vignes, dont des sémillons de 70 et 80 ans. Engagé en agriculture biologique en 2010 et certifié depuis le millésime 2013, le domaine est conduit en agroécologie depuis 2021. Son Bergerac rouge Nucléus, nommé d’après un silex taillé par Cro-Magnon, a reçu une médaille d’or à Mâcon en 2025.

  • Vignobles Arbeau

    Vignerons et négociants à Labastide-Saint-Pierre depuis 1878, les Vignobles Arbeau sont aujourd’hui dirigés par Anne et Géraud Arbeau, quatrième génération. Leur vignoble, le Château Coutinel, compte 52 hectares en AOP Fronton, sur des boulbènes, des graves et des sables. Engagé en bio en 2017, il est certifié à partir du millésime 2021, deux ans après la structure de négoce. La famille y cultive la négrette et signe aussi des vins de cépage en Vin de France.

Vous cultivez le Cabernet Sauvignon en bio ? Référencez gratuitement votre domaine

Inscrivez-vous pour présenter votre domaine sur l'annuaire national et la cartographie interactive.

Référencer mon domaine